dimanche 24 juillet 2005

La suite de Fibonacci, les petits lapins ou les mystères des nombres

KenfollettcodezeroAu détour des pages d'un bon polar (aucun style, rien que de l'action et du suspense, idéal pour l'été) - Code Zero , de Ken Follett, réédition livre de poche 2003 (Robert Laffont 2001) - cette jolie explication de la suite de Fibonacci:
"Le mathématicien avait imaginé un couple de lapins qui avait chaque mois deux petits se reproduisant chacun au même rythme: il demandait combien on aurait de couples de lapins au bout d'un an. La réponse était 144 et le nombre de couples chaque mois constituait la suite de nombre la plus célèbre de l'arithmétique: 1,1,2,3,5,8,13,21,34,55,89,144. On obtenait le nombre suivant en additionnant la somme des deux précédents".
Comme quoi, même un polar peut vous apprendre, ou vous rappeller, des choses intéressantes.
Ainsi le 40e nombre de la suite, pour ceux qui ont envie de le savoir, c'est bien sûr: 102 334 105.
Ailleurs, dans ce même polar, décidément très branché maths:
- Pourquoi 135 est-il un nombre insolite?
- Parce qu'il peut s'écrire: 11+32+53.
- Quel est le nombre suivant avec les mêmes caractéristiques?
- 175 = 11+72+53.
Attention, maintenant, ça se complique:
- Pourquoi 136 est-il un nombre insolite?...
A vous de jouer!
Tordez-vous donc la tête, cela vous fera faire un peu d'exercice!
Equation

vendredi 22 juillet 2005

A propos des ours

En plein débat sur les ours des Pyrénées, me revient cette histoire racontée par un ami: l'une de ses amies est graphologue, expert auprès des tribunaux. Elle intervient souvent sur des cas difficiles. Un jour, on lui demande de venir dans un petit village troublé par une affaire de corbeau. C'est une notable, Madame Bertrand, qui est visée. Mais cette fois, le message anonyme est en fait un énorme tag bombé à la peinture rose sur un mur: "Madame Bertrand suce aussi des ours"...
La justice réunit un certain nombre de susepcts et demanda donc à la graphologue de leur mettre à chacun la bombe de peinture rose en mains. Et pendant toutete une journée, elle regarda des jeunes et des vieux bomber chacun à sa manière : "Madame Bertrand suce aussi des ours".
Et le coupable fut découvert!
Pas de chance pour Madame Bertrand: les ours réintroduits dans les Pyrénées sont des femelles.

jeudi 21 juillet 2005

Ils sont tout nus

C'est son dada à Spencer Tunick: il réunit des dizaines, des centaines, des milliers de gens (là, en juillet 2005, ils étaient 1 700!) , il leur demande de se mettre nus et il en fait des grandes fresques. On s'amuse comme on peut.

son site.

gallerie de photos à La Reppublica



(merci Roland!)

Une petite île perdue au fond de l'océan, d'où..

... un homme barbu et chevelu agite désespérément les bras en direction du bateau.

Sur le pont, un passager demande au capitaine:

- Qui est-ce ?

- Aucune idée. On passe tous les ans devant son île, et à chaque fois ça le rend fou.



(merci Roland!)

mercredi 20 juillet 2005

Des jockets robots: ce n'est pas un gag!

"Première course de dromadaires avec des jockeys-robots dans les Émirats
La fédération émiratie des courses de dromadaires a organisé lundi une compétition engageant des jockeys-robots, une première dans les Emirats arabes unis, après une expérience similaire en avril au Qatar.
Dix jockeys-robots ont participé à une course de trois kilomètres, sur la piste d'Al-Wathba, dans l'émirat d'Abou Dhabi, qui a été "un succès", a déclaré le président de la fédération, cheikh Sultan Ben Hamdane Al-Nahyane, cité par l'agence de presse officielle Wam.
Il avait assisté à la compétition avec plusieurs autres hauts responsables et dignitaires émiratis. "Cette expérience sera généralisée" au début de la prochaine saison en octobre "comme une alternative aux courses engageant des jockeys-enfants et comportant de graves risques pour leur sécurité", a-t-il ajouté.

Un parfum de Trabant

"BERLIN - Un Allemand a décidé de mettre en boîte la très typique odeur qui se dégageait des pots d'échappement des célèbres Trabant est-allemandes, qu'il propose aux nostalgiques pour la modique somme de 3,98 euros.
Thorsten Jahn, qui a eu l'idée du "Trabi", s'est fait assister d'un ami pour produire 1.800 cannettes contenant du coton qu'il avait placé dans le pot d'échappement d'une des fameuses voitures cubiques.
Jahn assure que la senteur n'est pas toxique, le coton ayant filtré les particules toxiques des gaz.
Quinze ans après la réunification flotte en Allemagne un parfum de nostalgie du communisme est-allemand symbolisé par son côté rassurant socialement, ses camps de vacances et toute une palette de produits surannés tels que les Trabant qui viennent éclipser les aspects plus négatifs de l'ex-RDA. (Reuters 19 juillet 2005)

vendredi 15 juillet 2005

Aphorismes du jour

La liberté des uns ne s'arrête pas. Celle des autres, non plus, d'ailleurs. C'est tout le problème. Si seulement, les uns et les autres, ils pouvaient se mettre d'accord, ils nous foutraient la paix.


L'amour ne s'arrête pas non plus, c'est Saint Paul qui l'a dit. C'est pas comme le Tour de France, heureusement.


Les vieux trouvent que les jeunes ne parlent pas assez fort. Les jeunes trouvent que les vieux parlent trop. Au milieu, vous êtes drôlement coincés.


"Sésame, ouvre-toi: j'ai envie de sortir!" disait Stanislaw Jerzy Lec. (à lire, absolument). Moi, c'est pas sûr: dehors, c'est pas forcément mieux que dedans.

mercredi 13 juillet 2005

Un journaliste, ça meurt, aussi

album de jeanloup sieff pour RSF Reporters Sans frontières
D'après Reporters sans frontières:

"Plus de cent journalistes sont derrière les barreaux. Cinquante-trois ont perdu la vie en 2004. Depuis le début du conflit en Irak, cinquante et un journalites et collaborateurs des médias ont été tués."

L'album Jeanloup Sieff pour la liberté de la prese, 152 pages, est vendu 8 euros au profit des journalistes emprisonnés et de leur famille.
En plus, y'a plein de belles photos pour les nostalgiques, par exemple: "Charlotte Rampling, Paris, 1970"...

Le banquier, le punk et le perroquet

À Londres, un banquier de la City, la cinquantaine, sérieux, très élégant, chapeau melon, parapluie et costume trois pièces sombre, se retrouve à l'arrêt du bus en compagnie d'un punk, piercings divers, cheveux rouges, verts, jaunes, bleus et violets.
Le gentleman semble regarder le punk d'un air interrogatif.
Au bout d'un moment, le punk énervé l'apostrophe :
- Vous avez un problème ? ... Pas étonnant!  En vous voyant, je me doute que vous n'avez jamais rien fait d'excentrique dans votre vie.
Le banquier le considère un instant:
- Détrompez-vous, jeune homme. Une fois dans ma jeunesse, aux Indes, j'ai sodomisé un perroquet et ... je me demandais si par hasard, vous ne seriez pas mon fils.
Piqué chez Blaise, toujours aussi bon.
Source image : Quentim Metsys, Le banquier et sa femme, 1514.

samedi 9 juillet 2005

La carte de la misère dans le monde

Histoire de se couper l'appétit.
Cartepaysdemunis.

Les cadres aiment lire la presse

Les cadres actifs lisent en moyenne 6,2 titres de presse et aiment particulièrement les magazines, selon une enquête d'Ipsos Médias, publiée jeudi 7 juillet, sur l'audience de 78 titres. Résumé.
Quotidiens
- Le Monde : 12,3 % de pénétration soit 807 000 lecteurs;
- Les Echos : 9,4 % - 616 000
- L'Equipe : 8,9 % - 583 000
- Le Parisien + Aujourd'hui : 7,6 % - 511 000
- Le Figaro : 6,8 % - 448 000
- Libération : 5,6 % - 371 000
- La Tribune : 4,1 % - 269 000
- France Soir : 1 % - 64 000
Hebdomadaires et bimensuels
- Télérama : 13,3 % - 873 000 lecteurs
- L'Auto Journal : 12 % - 788 000
- Le Nouvel Observateur : 11,9 % - 782 000
- L'Express : 10,9 % - 718 000
- L'Equipe magazine (10,9 %) - 715 000
- Paris Match : 10,8 % - 712 000
- Le Figaro Magazine : 9,9% - 650 000
- Le Point: 8,6% - 567 000
- Challenges: 5,5% - 360 000
- Marianne : 4,5% - 297 000
Mensuels
- Géo : 22 % - 1 450 000 lecteurs
- Capital : 21,8 % - 1 431 000
- Science et Vie : 18,3 % - 1 203 000
- Auto Moto: 15,1% - 995 000
- L'Automobile Magazine : 14,9% - 981 000
- Ca m'intéresse: 12% - 786 000
- Le Particulier: 11,7% - 770 000
- Sciences et Avenir: 11,2% - 737 000
- Enjeux - Les Echos: 10,4% - 686 000
- Le Monde Diplomatique : 10,2% - 671 000
Presse professionnelle
- « un véritable outil de travail au quotidien », 92% des cadres déclarent la lire, régulièrement ou occasionnellement.

Deux attentats par jour, depuis 40 ans

JeanfrancoisdaguzanEn tout cas par jour ouvré (le week-end, y'a moins de bombes, c'est moins médiatique): c'est le calcul grossier auquel on arrive si on prend les estimations de Jean-François Daguzan, présenté comme un spécialiste du terrorisme, cité par Libération aujourd'hui:
"22 000 attentats recensés dans le monde depuis 1965".
Sa dernière phrase fait frémir:
"Reste ce que font les Israéliens: éliminer physiquement, avec les assassinats ciblés,les groupes ou les terroristes, avant qu'ils n'agissent. Mais cela, nos services ne le font pas."
C'est la dernière phrase de l'article. Je n'ai jamais vu autant de points de suspension invisibles flotter dans l'air...

jeudi 7 juillet 2005

Dans la grande série des illusions

Il paraît que si vous fixez très concentré pendant au moins 60 secondes (je sais, c'est long mais c'est le prix à payer et ça vous retient sur mon blog) la croix du milieu, les pastilles roses disparaissent et sont remplacées par une pastille verte qui tourne. (voir les autres ilusions déjà postées dans ce blog).
Si vous ne me croyez pas, cliquez sur l'image.
Et si vous restez 1 mn de plus, vous voyez les anneaux olympiques...
.Illusion




... non, ça c'est une blague!
(merci Roland pour mes yeux!)

Vous avez l'heure?... Précise?

Sinon, allez sur le site de
Wim Bartol
voir cette belle animation Flash. Attention, toutefois, le site est en langue batave! Mais la techno n'a pas de frontières. Et puis, pour avoir une heure précise, qu'est-ce qu'on ne ferait pas!



http://lucfayard.blogs.com/infotechart/files/clockcalendar.swf

Au secours! Qui a un minitel?

Minitel_01Eh oui, il m'en faut absolument un d'ici demain 10 heures.
Parce que, incroyable mais vrai, dans l'Académie de Paris-Versailles, à part l'affichage dans chaque établissement, on ne diffuse les résultats du Bac français... que par minitel!


Minitel



Ancêtre simple, rapide et fonctionnel d'internet. Avec le minitel, les entreprises rendaient de vrais services à leurs clients et gagnaient de l'argent. Ca ne pouvait pas durer.


(extrait de mon "Dictionnaire impertinent des branchés")




source image

mercredi 6 juillet 2005

En réponse à Loïc: à quand la mort des blogs?

Pour ceux qui ne le connaissent pas – si, si, je te jure, y’en a encore ! – Loïc Le Meur est le plus grand vendeur-VRP-promoteur de blogs de tous les temps. Des comme lui, patron de Six Apart Europe (éditeur des logiciels et plateformes de blogs Typepad et Movable Type), y’en a pas deux : le jour, il en vend, il en parle, il en fait; la nuit il en rêve.
Dès qu’un techno-bidule nouveau  - mobile, microphone, appareil photo, langage des signes, froncement de sourcil, etc. – permet de bloguer, le premier à l’expérimenter et à en parler, vous pouvez en être sûr, c’est lui.
Le blog ne fait pas encore le café ni ne coupe les cheveux mais si vous lisez bien du Loïc Le Meur entre les lignes, ça va venir, forcément. Et le jour où le blog fera du café, ce sera la fin des cafetières, c’est moi qui vous le dit. Non c’est lui. Enfin, c’est tout comme, vous allez voir.
Car ce talent commercial, relationnel et polyglotte, assez rare en France, il faut bien le dire, lui permet d’être instantanément partout sur la planète où l’on cause blogs et ceci, blogs et cela. A force de baigner dedans, il ne dit donc pas que des choses idiotes sur le sujet.
Malheureusement, comme tout blogueur impénitent, il lui prend régulièrement l’envie de sortir de son tout petit pré carré et de délivrer quelque message grandiose à la planète (ou bien d'apprendre aux Africains à créer des entreprises, si, si,  c'est vrai, il veut le faire).
Le dernier message en date concerne l’avenir de la presse papier qui, pourrait-on dire pour résumer sa pensée, est un peu à l’information ce que la cafetière de tout à l’heure est au café. Nous y voilà...




Évidemment, la presse papier, ce n’est pas sa spécialité, au Loïc, on
peut même dire qu’il n’y connaît strictement rien, à part ses
incessantes discussions avec les journalistes, une race qu’il cible
particulièrement, on se demande pourquoi. Mais ça ne l’empêche pas
d’avoir son avis.
C’est ça qui est formidable quand on est blogueur, on
peut tout dire sur tout
. C’est même sur ce message simplissime que le
vendeur a fait son beurre. Faut dire que des millions de gens l’ont
cru, lui et ses compères, alors forcément, on se croit investi. Et même
s’il y a plus de gens sur la planète qui utilisent des capotes que des
blogs tous les jours, ça ne durera pas, c’est sûr.
Donc la presse papier est morte, dixit Loïc. Il ne sait pas dans
combien de temps ni comment exactement mais c'est pas grave, c’est comme ça. 
Et
pourquoi la chronique de cette mort annoncée ?
Parce que, tenez-vous
bien, le message essentiel est là : « la discussion sur l’info est plus
importante que l’info » et « cela, la presse ne l’a pas intégré ». CQFD.
Au passage, c’est à un magazine papier suisse, L’Hebdo, qu’il a confié ses pensées et qui l’a ensuite diffusé sur le web…

Loïc cite un certain nombre d’arguments
à l’appui de sa thèse : ainsi, sur une
seule de ses notes (*), DSK a reçu 627 (et non 650 comme le dit Loïc) commentaires
: « aucun journal ne pourra les publier » dit-il. Heureusement ! J’ai
essayé de les lire, c’est entassé, mal présenté, c’est verbeux,
partisan, le plus souvent amical (ils sont filtrés ou quoi les commentaires
chez DSK ?). Je voudrais bien savoir qui s’est tapé de lire ce pensum
in extenso. Un retraité neurasténique peut-être ?

Derrière le discours apparent de Loïc
, on voit donc transparaître quelques connotations démagogiques qu’on peut résumer ainsi:
- l’important, ce n’est pas ce qu’on dit, c’est de dire  (admirez le sophisme lacanien …)
- plus il y a de gens qui s’expriment sur un media (en l’occurrence un blog), plus ce media est valable ;
- on ne peut pas mentir sur un blog parce qu’on est immédiatement
corrigé, donc ce qu’on dit au départ n’a aucune importance, donc on
peut dire ce qu’on veut…
- on ne sait pas qui écrit mais c’est pas grave…
Autant d’arguments qui devraient facilement convaincre les indécis de
la nécessité de laisser tomber les blogs immédiatement et de se
retourner vers un journal papier:
- ils iront droit à l’info qui les
intéresse,
- ils pourront le lire quand et où ils veulent,
- ils savent à
qui ils ont affaire,
- et ils ne perdront pas leur temps.
Merci Loïc !
Alors, à quand la mort des blogs ?
Quand les poules auront des dents,
dis-tu ? Elles en auront, tu verras, elles en auront…Suffit de créer un
blog pour la promotion dentaire chez les poules, c’est pas compliqué…
Tiens j’ai une idée pour changer le slogan du blog de Loïc, qui est «
les médias traditionnels diffusent des messages...» - je vous avais prévenu qu'il n'y connaissait rien, il confond la presse et la pub - «
les blogs démarrent
des discussions », je propose :
« Bloguer, on ne sait pas à quoi çà
sert, mais on le fait quand même »

ou encore
« Sur un blog, on ne sait
pas de quoi on parle, mais on en parle »
.
En plus, je suis sûr qu’il
serait d’accord, n’est-ce pas Loïc?


(*) la fameuse note de DSK citée en exemple par Loïc, et qui a déclenché un raz-de-marée de commentaires, symbolisant la force de l'info sur les blogs, la voici: elle pèse effectivement très lourd dans l'univers informationnel, vous allez vous rendre compte de ce que vous avez loupé si vous ne l'avez pas lue:
"Bonjour à toutes et à tous,
Je serai tout à l'heure l'invité d'Elise Lucet dans le 19/20, sur France 3.
J'y livrerai mon analyse du résultat de ce scrutin et tracerai les
perspectives pour sortir de cette triple crise de l'Europe, de la France et de
la gauche.
Merci pour vos réactions et vos analyses à froid d'un sujet dont vous avez
déjà beaucoup parlé sur le blog ;-)
dsk"

Voilà à quoi sert Google Maps, hélas!

FloridasexualpredatorslogoDans une note précédente, je faisais part de mes réticences sur le buz autour de Google.
Voici que je tombe, via Fred (merci du cadeau!), sur une utilisation épouvantable, de Google Maps, sur le site Florida Sexual Predators (je donne l'adresse simplement pour que vous puissiez vérifier par vous-même, parce que c'est sûr que ces gens-là, j'ai pas vraiment envie de leur faire de la pub!):
Floridasexualpredatorsune carte de la ville avec l'adresse de chaque "prédateur sexuel" fiché; on peut cliquer sur chaque point et la fiche complète de l'individu s'affiche, nom, photo, adresse... (je les ai cachés sur ma capture d'écran)...La technologie au service de la paranoïa sécuritaire et de la délation, c'est vraiment pas terrible...

mardi 5 juillet 2005

Napoléon vu par Anatole France: délectable!

NapoleonbisAnatolefrancelavieenfleurD'un côté, un des grands personnages les plus controversés de l'Histoire; de l'autre une des plus belles plumes françaises.
Cela donne, entre autres, ce portrait à deux voix de Napoléon, extrait de La vie en fleur , de Anatole France, Editions Flammarion Folio.
C'est un des plus beaux exemples de portrait croisé de la littérature.
Asseyez-vous cinq minutes et délectez-vous:
(et merci à PAM!)


« De sa vie, je savais peu de chose et ne me souciais pas d'en savoir davantage; je n'avais pas alors, comme aujourd'hui, la curiosité du passé. A vingt ans, au déclin de l'Empire, il était entré dans l'armée, et avait fait, comme aide de camp du général D..., la campagne de 1812. Il avait eu les oreilles gelées à Smolensk. M. Dubois n'aimait pas Napoléon à qui il reprochait avec une égale amertume d'avoir fait périr cinq cent mille hommes en Russie et de s'être coiffé, pendant la campagne, d'un bonnet polonais à créneaux, fort séant, sans doute, aux magnats, mais qui lui donnait l'air d'une vieille femme.


- Et dans le fait, curieux et bavard, ajoutait M. Dubois, c'était une véritable commère. Quand je l'ai vu, il était gras et jaune. Il ne faut pas s'en faire une idée d'après ses bustes et ses portraits. Ses artistes, sur son ordre, corrigeaient son visage d'après l'antique. Il était commun dans ses manières, impoli avec les femmes, se barbouillait de tabac et mangeait avec ses doigts.
Mon parrain, M. Danquin, qui adorait l'empereur, bondissait à de tels propos.
-Moi aussi, je l'ai vu! s'écriait-il. En 1815, âgé de huit ans, j'étais à cheval sur les épaules de mon père. Il entrait à Lyon; sa tête était d'une beauté souveraine. Tel je le voyais, tel le voyait un peuple immense, pétrifié par ce grand visage, comme par la tête de Méduse. Nul ne pouvait soutenir son regard. Ses mains, qui ont pétri le monde, étaient petites comme des mains de femme et d'une forme parfaite...




...En ce temps-là, Napoléon vivait fortement dans les esprits. Deux
générations n'avaient pas encore passé sur sa gloire. Il n'y avait pas
vingt ans qu'il était venu, sur son char, dormir au bord de la Seine.
Deux de ses sœurs, trois de ses frères, son fils, ses maréchaux,
s'échelonnant dans la tombe, avaient éveillé tour à tour, à leur
départ, un écho de son nom. Un de ses frères, plusieurs de ses
généraux, une multitude de ses soldats et de ses collaborateurs
vivaient encore. Quelques vieillards simples d'esprit, comme ma bonne
Mélanie, le croyaient lui-même toujours vivant.
Toutes les conversations dont il était le sujet s'enflammaient.
- Ce fut le plus grand des capitaines, disait M. Danquin.
- Je le crois, répliquait M. Dubois, si l'on mesure sa grandeur sur ses défaites.
Et la dispute engagée se développait toujours dans les mêmes termes.
M. DANQUIN
Il
avait le génie de la guerre, comme il avait toutes les sortes de
génies. Son œil d'aigle voyait tout à la fois. Il possédait la présence
d'esprit, la mémoire, la connaissance des hommes, Je sens des foules,
une puissance de travail unique; il pénétrait dans les moindres détails
et les subordonnait à l'ensemble. Il passa dans l'action les limites
assignées jusque-là aux forces humaines.
M. DUBOIS
Il connaissait
les hommes, mais il haïssait les supériorités. Il ne souffrait auprès
de lui que des médiocres, ne voulait que des lieutenants et des commis.
Et quand, à l'heure de l'épreuve, il eut besoin d'hommes, il n'en
trouva pas autour de lui. Sans doute, il était intelligent; son regard
était lucide quand l'ambition ne le troublait pas. Mais il avait un
esprit terre à terre. Il voyait les hommes et les choses non pas en
philosophe, mais en administrateur. Indifférent aux théories, étranger
à toute philosophie, ce qui ne sert pas ses projets lui est
indifférent. Même dans la mécanique, où il est sur son terrain, il
rejette ce qu'il ne juge pas d'un profit immédiat, comme les bateaux et
les voitures à vapeur. Chez lui, jamais une idée désintéressée, une
spéculation pure. Il ne soupçonna jamais le génie d'un Lavoisier, d'un
Bichat, d'un
Laplace. Il avait la pensée en horreur.
M. DANQUIN
C'est-à-dire que sa nature répugnait à l'idéologie et aux idées creuses. Il avait le génie de l'action.
M. DUBOIS
Il
n'avait pas le sentiment de la mesure. On trouve en lui des contrastes
qui étonnent. Il est tout action, et il tombe dans le romantisme. Il y
a en lui du grand homme et il y a de l'enfant. Voyez-le dans ces
croquis où Girodet le surprit au théâtre de Saint-Cloud: sa tête
poupine est d'un enfant, d'un enfant de Titan, si vous voulez, mais
d'un enfant. Au moral, il garde de l'enfant la puissance d'illusion, le
goût de l'énorme, de l'excessif et du merveilleux, l'impossibilité de
résister à ses désirs, une légèreté d'esprit qu'il porte jusque dans
les situations les plus graves, et cette faculté d'oublier que la
plupart des hommes perdent au sortir de l'enfance et qui subsista chez
lui dans la maturité de l'âge.
M. DANQUIN
Il fallait bien qu'il détendît parfois son esprit tendu à se rompre: il y avait mis le monde entier.
M. DUBOIS
Ce
fut un joueur et, comme tous les joueurs, il finit misérablement. Il a
dit une fois: « On n'agirait jamais si, pour agir, on attendait d'avoir
toutes les chances pour soi. » Ce mot révèle le joueur. Les joueurs
veulent des émotions fortes. L'incertitude est nécessaire il leur
volupté. Ils n'auraient plus de plaisir s'ils jouaient à coup sûr. A la
paix, il préférait la guerre, parce que la guerre offre plus de risques
et plus de chances, Et quand il avait perdu au jeu des armes, c'est au
même jeu qu'il demandait de réparer ses pertes.
Et qu'a-t-il laissé,
votre héros ? Quelle est son œuvre? Il s'est jugé lui-même à Munich, en
1805, ou en 1809, le jour où trouvant dans la chambre qu'on lui avait
préparée un portrait de Charles XII, il dit avec un impérieux dédain: «
Qu'on ôte ce portrait! C'est un homme sans résultat. » Ce jour-là, il
dicta sa propre condamnation au tribunal de l'Histoire, lui qui devait
être entre tous les grands hommes l'homme sans résultat.
M. DANQUIN
Sans
résultat !... II a sauvé la France de l'anarchie, il a consolidé les
conquêtes de la Révolution, fondu dans la fournaise de son génie
l'ancienne société et la nouvelle et obtenu ainsi un alliage d'une
force, d'une richesse, d'une beauté uniques, il l'épreuve du fer et du
feu, des torches de la guerre civile comme des canons de l'étranger! II
a créé la France nouvelle et donné à la patrie ce qui lui est plus
précieux que l'or, plus nécessaire que le pain, la Gloire.
Et les
breloques de M. Danquin sonnaient la charge sur son ventre tandis que
M. Dubois tournait entre ses doigts sa boîte comme pour en associer les
formes géométriques à celles de sa pensée. Et cela faisait un groupe
digne de figurer dans l'École d'Athènes de Raphaël.
l\1on parrain
avait le goût des batailles, qu'il n'avait vues qu'en peinture; M.
Dubois, qui avait passé la Bérézina, en avait rapporté l'horreur de la
guerre. Ayant donné sa démission, en 1814, il ne reprit pas de service
sous la Restauration qu'il n'aimait pas plus que l'Empire. Il
regrettait Marc-Aurèle. »


(source image)

La Terre vue de Google

GoogleearthJ'ai mis longtemps à vous en parler, parce que j'en ai un peu marre du buzz sur Google...
Ils sont sympa, les deux trentenaires, Larry Page et Sergei Brin, ils ont de bonnes idées, ils sont milliardaires, d'accord mais de là à les transformer en génies de l'humanité, ça doit les faire marrer! Et c'est pas toujours les meilleurs!
Par exemple, sur mon blog, le moteur de recherche de Technorati fonctionne beaucoup mieux que Google.
Bien sûr, personne n'est capable de m'expliquer pourquoi, y compris chez Typepad (l'éditeur de ma plateforme).
Ceci dit, c'est vrai que l'application Google Earth est sympa: on zoome sur la planète jusqu'à voir quasiment sa place de parking, ou sa femme en train de bronzer dans son jardin.
Il paraît qu'il y a des emplois plus utiles.
Les zones les mieux couvertes sont bien sûr les Etats-Unis et les grands sites touristiques.
C'est un peu un concurrent du logiciel Nasa: à vous de les comparer.
Et comme le site Google Earth est overbloqué, je vous fais un cadeau: voici le logiciel d'installation, attention 10 Mo quand même! (fichier .exe pour Windows)
Bon voyage!

lundi 4 juillet 2005

Si vous aimez les chiens et le skate

Skaterdog"Si vous aimez les chiens" ça va peut-être devenir une rubrique, si ça continue..
De quoi relever la teneur intellectuelle de ce blog...
(video wmv, 850 K, sans son)

Les 100 villes qui font l'économie française

Ce n'est pas tout à fait un roman mais c'est le genre de guide qu'on est bien content d'avoir sous la main quand on débarque dans une ville où on manque de repères pour le business: Les 100 villes qui font l'économie française, de Rémy Arnaud, BHM Editions avec Les Echos.
Un "guide pratique à vocation économique" comme il se définit lui-même.
En clair: l'outil de base du VRP moderne, qu'on dénomme maintenant le voyageur d'affaires.
Par exemple, pour chaque ville étudiée, vous trouverez les coordonnées complètes des responsables locaux.
Ca peut servir et ça fait gagner du temps.
Un travail de fourmi fait par l'auteur, grand spécialiste des classements et des régions.
Un seul défaut, le prix: 49,50 euros...(TTC quand même!)

dimanche 3 juillet 2005

La taupe sort toujours à 16h20

TaupeC'est ce que m'a dit très sérieusement un pépiniériste de mes relations.
Donc, pour se débarasser des taupes, la méthode est simple, il faut juste s'armer d'une faux:
- repérer, comme d'habitude, la motte de terre la plus fraiche;
- attendre placidement que 16h20 sonne à l'horloge du clocher;
- à 16h20, le tas remue, la taupe arrive:vous donnez un grand coup de faux dans la motte, le lame de la faux bien à plat au ras de la terre.
Soit vous la tuez sur place, soit vous la blessez et comme la taupe est hémophile, elle meurt aussi. L'autre solution, c'est que vous vous soyez donné un grand coup de faux sur la jambe; dans ce cas,  c'e'st vous qui saignez et la taupe repart dans son trou.
Il faudra revenir le lendemain, après s'être fait un pansement.




source image

vendredi 1 juillet 2005

QUIZ! Votre patron est-il un psychopathe?

FastcompanybosspsychopathJe ne sais pas pourquoi, j’aime cette couverture, c’est
bizarre hein ?



C’est un quiz de FAST COMPANY, magazine américain new age
iconoclaste qui connut des heures de gloire pendant la folie internet et qui
tente de survivre en surprenant encore un peu, de temps en temps.



« Pour chaque question ; mettez 2 points pour oui,
1 point pour sans doute et 0 point pour non.





  1. Est-il facilement bavard et superficiellement charmeur ?

  2. A-t-il un sens grandiose de sa propre valeur ?

  3. Ment-il de façon pathologique ?

  4. Est-il un maître de la manipulation ?

  5. Quand il fait du tort aux autres, il ne se sent pas coupable, n'est-ce pas ?

  6. Est-il froid, sans affect apparent ?

  7. Est-il rugueux, manquant d’empathie ?

  8. Fuit-il les responsabilités de ses propres actions ?



Si votre patron obtient




  • 1-4 : vous devez être frustré

  • 5-7 : faites attention

  • 8-12 : il y a de quoi vous angoisser

  • 13-16 : vous avez raison d’avoir très peur »