jeudi 29 juin 2006

Jean-François Thau, Hypcom Technologies (podcast)

Jean_francois_thau_president_hypcom_tech
Le président de Hypcom Technologies et directeur général de Genedis, défend le concept - et les applications! - de l'"interactive rich media" qui est un peu plus que la vidéoconférence classique!
[Extrait de l'émission 01 Business, sur BFM, du 29 juin 2006]

mercredi 28 juin 2006

Un téléphone Windows, pourquoi pas?

Je sais , c'est pas nouveau, les Smartphone sous Windows Mobile 5, y'en a plein les rayons.
Il se trouve que j'en ai testé un, moi qui suis plutôt branché PDA (notamment à cause de l'écriture manuscrite Transcriber qui est formidable) et qu'il m'a presque convaincu!
C'est le Qtek 8500 du Taïwanais HTC vendu sans abonnement, Bluetooth, compatible Edge et surtout client ActiveSync.
Autrement dit, avec un peu de pot, vous pouvez retrouver dessus tout votre Outlook: calendrier, contact, mails, taches, notes. Plus n'importe quels fichiers que vous voulez synchroniser. (Attention, la première synchro dure des heures! Après, ça va mieux...)
Il se synchronise aussi avec votre serveur s'il est équipé du logiciel Mobile machin.

Le tout dans 99 grammes et moins de 10 cm sur 5 cm (épaisseur 1,58 cm).
Et chose étonnante, il a l'air beaucoup plus rapide que la plupart des gros PDA sous Windows Mobile 5 sur lequel j'ai émis quelques réserves...
Il reçoit une carte mémoire minuscule c'est le format micro-SD (encore plus petit que la mini-SD!) mais qui monte quand même jusqu'à 1 Go!
Le seul truc que je n'ai pas trouvé, avis aux spécialistes: si on a une grosse base "Contacts" , comme c'est mon cas (environ 5 000 fiches) comment faire pour qu'elle se stocke sur la carte mémoire et non sur la mémoire interne?
Le prix catalogue: de l'orde de 400 €.
L'autonomie, j'ai vu que des utilisateurs s'en plaignaient. Moi, je n'ai rien remarqué d'anormal mais c'est sans doute parce que je suis habitué à la faible autonomie des PDA.
Finalement, il ne reste plus que le problème du clavier: les fans du SMS et autres T9 ne s'en formaliseront pas; les habitués comme moi du clavier virtuel avec stylet ou de l'écriture manuscrite Transcriber auront plus de mal.
Bref c'est un PDA dans un format téléphone.
A-t-on enfin trouvé le bon compromis?
Mise à jour: à l'heure où je vous parle, HTC a déjà sorti deux autres nouveaux appareils! le HTC TyTn et le HTC MTeor; c'est comme d'habitude:
"- A quel moment mon appareil est obsolète?"
"- Quand vous le sortez de l'emballage..."
=> communiqué de presse HTC (en PDF).

Yeux bridés: ça change la vue!

Les Chinois ont un pouvoir extraordinaire à ce qu’ils disent...
Le secret viendrait qu’ils ne voient pas les choses comme nous.
Par exemple, l’image ci-dessous (cliquez sur Lire la suite) est incompréhensible si on la regarde comme un Occidental.
Par contre, comme un Chinois...
Si vous ne me croyez pas, regardez la d’abord normalement...
Ensuite tirez l’extrémité de vos yeux avec vos index, pour vous faire des yeux bridés, et regardez à nouveau !
C'est sûr, ils ne voient pas les mêmes choses que nous !!!

mardi 27 juin 2006

Laurence Parisot (Medef) sous le charme de Bill Gates

J'interviewais ce matin la patronne du Medef, avec Arnaud Le Gal (L'Entreprise) et Michel Grossiord (Europe 1), dans le cadre d'un événément SFR/Club 01 DSI sur la mobilitié.
Elle a longuement discuté avec Bill Gates il y a peu et elle en dit manifestement beaucoup de bien : "Vous êtes tombée sous le charme !" lui dis-je. Elle ne m'a pas vraiment contredit. Je crois qu'elle veut surtout rendre hommage à l'entrepreneur, et aussi à sa fondation: "Il peut révolutionner la santé comme il a révolutionné l'entreprise" estime-t-elle. C'est sûr qu'on n'a pas l'équivalent en France: la dernière grande dépense des frères Bouygues (estimée à 140 millions d'euros) a été l'achat d'un grand cru du Médoc, Château Montrose...
Alors je relance : "Il n'y a pas que Windows dans la vie. Que fait le Medef en faveur du logiciel libre?"
"La question est trop technique pour moi" me répond-elle.
Cela ne laisse pas envisager de grandes innovations dans ce domaine de part du Medef...
Sinon, le podcast complet de l'itw sera sur Europe 1 dans la journée.
--source image--

mercredi 21 juin 2006

Strategic Alignment ou Théorie de la supercherie

Extrait de Courrier Cadres - Un article de Sylvia Di Pasquale
"A priori, un mémoire de fin d’études en école d’ingénieurs est aussi réjouissant à lire que le listing des abonnés au gaz de Bydgoszcz, jolie cité polonaise. Pourtant, celui que Clémentine Marcovici et Benjamin Frémaux, deux jeunes polytechniciens en troisième année de l’Ecole des Mines, ont défendu le 14 juin dernier devant un parterre choisi de dirigeants d’entreprise et de consultants, est aussi drôle qu’incongru.
C’est à l’épineux sujet des «modes en matière de stratégie d’entreprise» qu’ont voulu s’attaquer les deux auteurs du mémoire. Ils ont bien tenté d’en passer par la manière traditionnelle, en interviewant des managers pour leur demander à quelle théorie ils se sont voués ou se voueront d’ici peu. Mais devant l’océan de banalités que ces derniers ont déversé dans leur magnéto, les étudiants ont changé de stratégie. En inventant eux-mêmes une nouvelle théorie. Pour faire sérieux, le concept se devait d’adopter un nom anglais. Il fut donc baptisé Strategic alignment et ses grandes lignes développées dans une note d’une dizaine de pages. Nos faussaires l’affirment dans cette bible: l’entreprise doit être appréhendée selon trois pôles : l’Etre (la majuscule apporte une touche de solennité), le Dire et le Faire. Ensuite, il suffit de mettre les trois actions en cohérence. Mais attention: il ne faut prendre de décision qu’à l’intersection de chaque pôle qui, dans la note est appelée l’effective target zone.
Evidemment, vu comme ça, on ne donne pas cher du succès de cette théorie. Sauf que les étudiants ont emballé leurs salmigondis d’un papier cadeau doré sur tranches. Selon eux, cette théorie aurait été publiée par deux éminents profs de Harvard qui auraient rassemblées leurs réflexions dans un livre dont la jaquette (avec photo) figure dans le petit dossier concocté par leurs soins. Lorsque tout fut ficelé, la supercherie s’en est allée par la poste vers une centaine de dirigeants, consultants et journalistes. Et c’est là que ce qui n’aurait jamais dû être autre chose qu’une bonne blague de potache prend des allures surréalistes et, au final, en dit long sur l’état de nos entreprises, de ceux qui les dirigent en tout ou partie, ou les influencent.
Car 57% des piégés ont répondu. Et de manière très positive. Certains se sont fendus de notes dithyrambiques. Lors de la soutenance, un consultant a même avoué se servir de cette théorie dans une mission qu’il réalise actuellement pour une multinationale. Seuls deux des récipiendaires du dossier ont eu le réflexe d’aller vérifier sur Internet la véracité du Strategic alignment. Même si l’un d’eux, aidé par la providence, s’est méfié car il avait reçu le courrier piégé le 1er avril.
Ce travail de fin d’études souligne de brillantissime manière la vacuité des théories de management élaborées par des aspirants gourous qui font leur tambouille dans de vieilles soupières pycholo–tacticiennes usées. Un genre connaissant d’ailleurs un succès livresque qui ne se dément pas.
Un jugement que ne partagent pas du tout nos jeunes X-Mines qui, loin de pourfendre le manque de clairvoyance des professionnels sollicités, ont jugé que personne n’avait été dupe. Selon eux, peu importe, à la limite, qu’une théorie soit vérifiée, publiée et mûrement réfléchie par des sommités. Il lui suffit d’être utilisée. Et par là même elle devient utile. Certes, dans cette affaire personne n’est dupe, mais certains le sont beaucoup moins que d’autres. "
Sylvia Di Pasquale - Courrier cadres
--repéré par Christian J--

lundi 19 juin 2006

Requins de la blogosphère

C'est drôle, les blogueurs, toujours aussi naïfs, découvrent qu'il y a des choses pas claires dans leur petit monde: on savait déjà que tout le monde piquait à tout le monde des infos, des images, des vidéos, des idées... Parfois sans sourcer ni sourciller... Mais, bon, on se disait que c'était pluôt pour rire, le début du far-west et que tout cela allait se régler, grâce à cette fameuse auto-régulation qui ferait que les méchants et les truands seraient éjectés du cercle par la seule force de la conviction communautaire des bons et des gentils.
Et puis voilà qu'on découvre qu'on fait sur le web comme ailleurs, les copains ne parlent que des copains et ignorent superbement les autres, les entrepreneurs font de l'espionnage
 ..., ça sent pas bon ici et là...
Bref, dès que les dollars frémissent, les règles du jeu du business reprennent le dessus..
Eh oui, le monde du web, même et peut-être surtout lorsqu'il s'affuble de l'extension marketing et hyper-buzz 2.0, n'est pas un long fleuve tranquille, des tas de gens vous racontent des bobards, vous montent de belles entourloupes, oh les vilains!
"Dans une affaire il y a toujours un pigeon; si vous ne savez pas qui c'est, c'est que c'est vous"
dit le proverbe américain.
Allez, bon courage à tous dans la jungle du web!...
PS: Nous, évidemment, les vieux journalistes ringards, tout cela nous étonne un peu moins...

Chapelle Sixtine version Fifa

Le foot inspire les artistes comme Félix Reidenbach: voici la Chapelle Sixtine repeinte avec les tronches de nos chères vedettes du ballon rond: à vous de les découvrir en cliquant sur la photo chez TedBlog pour la voir en plus grand!
Voici ce qu'en dit F. de C. :
"Cette semaine, dans la gare centrale de Cologne on peut admirer,  inspirée de l'oeuvre de Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine, la plus grande fresque sur le footbal (800 m2)... avec Adidas comme Sponsor Officiel. Dans cette impressionnante création artistique de Felix Reidenbach, dix superstars du foot. Pour voir David Beckham de plus près, cliquer sur l'image. C'est
toute une série d'espaces publicitaires aussi remarquables qu'insolites qui est investie insi, durant une semaine à l'occasion de la  Coupe du Monde 2006."...

Quel est le prix maximal pour un tableau?

Il mesure 136 x 138 cm, soit 18 768 cm2.
A 135 millions de dollars, cela fait : 7 193 dollars le cm2.
Un tableau volé par les nazis puis récupéré par la nièce du modèle, grand bien lui fasse!
Combien peut valoir un tableau? Jusqu'à quelle invraisemblable somme peut-il monter?Tous ces yeux qui nous regardent se moquent-ils de nous?
C'est probable.
Adèle doit bien se marrer, son air énigmatique vaut celui de Mona Lisa, en un peu plus moqueur peut-être.
Gustave Klimt - Le portrait d'Adèle Bloch-Bauer - 1902
--source image--

jeudi 15 juin 2006

Homo Informaticus

Je suis très fier d'avoir participé à ce livre d'art :
HOMO INFORMATICUS
1966 - 2006
Un livre de photos sur les usages des technologies hier et aujourd'hui, un peu partout dans le monde, publié à l'occasion des 40 ans du journal 01 Informatique.
Extrait de ma préface: Une promenade visuelle et sensible, une plongée dans un monde immergé dans ses TIC... Société, travail, consommation ou loisirs: partout l'homme est plus efficace, communicant, rapide... Ni rétrospectives, ni nostalgiques, ces photos réflètent notre regard sur les progrès permis par la technologie avec en filigrane, ce questionnement éterne:quel monde laisserons-nous à nos enfants?... 

Rendez-vous demain matin, à l'adresse web que je vous indiquerai ci-dessous à partir de 8 heures du matin. Une surprise vous y attend, du genre premier arrivé, premier servi... 
Adresse web: www.01net.com/livre40ans
--Un livre publié par 01 Informatique, avec le soutien de Intel, et réalisé par:
Olivier Pardini (Direction artistique); Marie-Agnès Bart, Valérie François, Christine Simha (Iconographie); Luc Fayard (Textes)--

Le début et la fin

Je ne sais plus où je l'ai lue, peut-être chez Séguéla:
Un lecteur à l'auteur:
- J'aime bien votre livre; sauf la fin.
- Pourquoi?
- Elle est trop loin du début!
--source image-- 

Geoffroy Roux de Bézieux, Virgin Mobile France (podcast)

Geoffroy_roux_de_bezieux_pdg_virgin_mobi
Le PDG de Virgin Mobile France veut secouer le cocotier des opérateurs mobiles de l'Hexagone. Il est aussi président de l'association d'entrepreneurs high-tech Croissance Plus.
[Extrait de l'émission 01 Business, sur BFM, du 15 juin 2006]

mercredi 14 juin 2006

Ballon Coupe du Monde: son secret de conception enfin révélé

"Un ballon fait pour que homme ou femme aient envie de voir cette coupe du monde!!"
 Le nouveau ballon créé spécialement pour cette coupe du monde.
Avec quels éléments a-t-il été conçu?
Réponse:
Avec ceci:  et

Le sigle mystérieux du Figaro et autres histoires de journalistes

Un vieux journaliste du Figaro, figure du service politique, avait l'habitude de signer ses nombreuses et lourdes notes de frais en les paraphant d'un sigle mystérieux:
SCPTM.
La comptabilité, impressionnée, remboursait rubis sur l'ongle. Cela devait être quelque chose de très officiel, sans doute un organisme du gouvernement, une officine secrète...
Quelques jours avant sa retraite, il paraphait encore de ce SCPTM pompeux ses dernières dépenses.
Le comptable eut enfin l'audace de lui demander ce que cela signifiait.
Il répondit: "Comment? Vous ne savez pas? Cela veut dire: si ça passe, tant mieux!"...
Le sigle n'a plus cours, paraît-il.
Autre histoire du Figaro: les journalistes rendaient souvent leur note de frais de déjeuner, tamponnée au nom du restaurant "L'Ami Louis".
Ce restaurant devait être une bonne adresse, car nombreuses furent, pendant des années, les notes de frais à cette enseigne.
Un jour, le comptable se dit : c'est sûrement un bon restaurant, il faut que j'y aille avec ma femme. Ils se rendirent à l'adresse indiquée et tombèrent sur un terrain vague, abandonné depuis longtemps...
Les journalistes s'étaient amusés à fabriquer un faux tampon pour se faire rembourser quelques dépenses...
C'était dans la série "On n'est pas de bois" qui était le commentaire des vieux journalistes sur certaines notes de frais un peu spéciales...

lundi 5 juin 2006

Jeune délinquant ou super-VIP protégé?

S'il te plaît, dessine-moi une info

"Redéfinir l'information"
C'est une chronique que je publie aujourd'hui dans Les Echos.
Je continue mon combat pour une certaine idée de l'info...
Extrait
"S'il te plaît, dessine-moi une info…"
Si le Petit Prince revenait visiter notre société, il nous demanderait sûrement de lui dessiner cette "information", aussi
obscure dans sa définition que valorisée dans les discours.
Et l'on aurait autant de mal à la crayonner que son mouton. Car chacun y met ce qu'il veut. Pour les uns, c'est le JT de 20 heures qui donne "les infos" (alors qu'un JT c'est 1 400 mots, disait Bruno Masure, soit une colonne de quotidien)… Pour les autres, c'est un renseignement pratique : "file-moi l'info".

Jean Baudrillard (1981): « Nous vivons dans un monde où il y a de plus en plus d’informations et de moins en moins de sens ».
A l'origine, elle est judiciaire: on instruit une information contre quelqu'un (et on le fait plus ou moins bien si l'on en juge l'affaire d'Outreau…) Sa
théorie mathématique n'a pas bougé d'un bit depuis qu'elle fut formulée par son auteur Claude Shannon, en 1948: la quantité d'information dans un message est inversement proportionnelle à la probabilité d'apparition de ce message. « Le propre de l’information est de nous apporter un élément décisif et de nous surprendre. » dit fort justement Edgar Morin.
On la confond souvent avec la communication et c'est normal: donner une info, c'est aussi transmettre une intention, au grand dam des écoles de journalisme qui ne jurent que par l'objectivité. Pourtant, mettre en forme, c'est déjà prendre parti, évidemment. Pour les journalistes, l'info, c'est ce qui est dans le journal, CQFD. Ah bon? Y compris la pub et les petites annonces, alors?... Enfin, l'information a de plus en plus une acception biologique, avec le développement de la recherche sur les gênes et l'ADN.
Si l'on en croit les gourous autoproclamés des blogs, wikis et autres réseaux sociaux, l'information est même devenue une sorte de connaissance universelle, gratuite et collaborative. Fin du vieux système pyramidal où le savoir descendait d'en haut – église, savants, politiques, presse – vers le bas peuple. Voici la nouvelle ère circulaire de l'info par tous et pour tous. La république de l'information. Société, autoroutes, sommet mondial, tout s'y accole. Avec un petit air de fête high tech en prime puisque les nouvelles transmissions de l'information sont essentiellement numériques.
D'où la confusion grandissante entre le fond et la forme, caricaturée par le développement exponentiel des blogs.
Alors de quoi parle-t-on? Fait, renseignement, donnée, rumeur, opinion, événement, idée, pensée, savoir, connaissance? C'est quoi, une info? Et surtout, ça sert à quoi?
C'est en essayant de répondre le plus précisément possible à ces deux questions que l'on sortira de l'impasse conceptuelle et des débats stériles. Chacun d'entre nous devra pouvoir décider, en
connaissance de cause: ceci est de l'info, ceci n'est pas de l'info.
Premier élément : le contenu et sa valeur. La théorie économique de base - la valeur d’un bien dépend de sa rareté – ne va pas nous aider puisque l’information est par essence un bien dont la valeur croît en proportion de sa diffusion ; plus on partage l’information, plus elle se développe. Une information que personne ne connaît n’a pas de valeur, elle
n’existe pas: « S’il y a un bruit dans la forêt et qu’il n’y a personne dans la forêt, il n’y a pas de bruit. » dit Peter Drucker. Ou mieux: « Esse est percipi », exister, c'est être perçu, disait l'évêque Georges Berkeley en 1710.
Parfois, c'est l'inverse: disposer d’une information rare peut donner un avantage compétitif dans le business. La valeur de ce renseignement est forte, non par l’échange mais par l’usage que je vais en faire; je ne vais surtout pas le négocier, je vais l’utiliser en grand secret.
Quoi qu'il en soit, l’analyse par le prix de revient n’est pas applicable: la valeur ajoutée de l’information n’est pas dans son coût de reproduction (souvent voisin de zéro) ni dans sa valeur d’échange (puisque beaucoup d’infos sont gratuites) mais bien dans sa valeur d’usage : c’est ce que je vais faire avec cette information qui va déterminer sa valeur.
Ce qui est certain, c’est que l’économie mondiale, portée par les TIC, dématérialise un nombre croissant de biens et services. Elle incorpore donc une part de plus en plus importante d’information dans son PIB. Mais à l'instar de la théorie de Shannon, le nombre de bits d'un message est un indicateur insuffisant de sa qualité intellectuelle et de son utilité.
Bref, la valeur économique de l'information est réelle mais toujours aussi difficilement mesurable!
Deuxième élément : le cerveau, le processeur. N'oublions pas que ce cerveau est d'abord une formidable machine à oublier. Aucune information ou connaissance ne peut être tenue pour acquise. Nous sommes en situation permanente de concurrence cognitive (que nous reste-t-il de nos savoirs scolaires?). Tous les processus mentaux sont des mécanismes de sélection et d'élimination. Et lorsqu'on cherche une réponse à une question, on a tendance à s'accrocher à celle qui à la fois nous satisfait et nous demande le moins d'effort intellectuel (principe de pertinence). L'homme n'y peut rien, il est fait comme cela!
Alors, sur la base de ces deux éléments – un contenu à  valeur réelle mais difficilement mesurable et un processeur imparfait - , voici mon essai d'une nouvelle définition :
"L’information est une forme de renseignement sur des faits ou des idées, issue d'un travail intellectuel méthodique repérable, portée à votre attention à un moment et dans des circonstances donnés, dont vous avez besoin ou que vous pensez être utile pour vous, dans votre vie, et dont le but est d'améliorer votre compréhension du monde et même pourquoi pas de vous rendre heureux."
Définition ambitieuse mais qui devrait nous permettre de faire le tri, notamment sur internet.
Conclusion: il n'y a pas d'info brute, il n'y a que de l'info raffinée. C'est un processus qui prend du temps, qui passe par des étapes obligatoires, bien connues des journalistes (validation, véracité, fiabilité, recoupement, etc.). Elle est tout sauf un hasard de la pensée. Elle n'a rien à voir avec la rumeur ou l'opinion, rien à voir avec l'outil qui la produit. Elle a besoin d'un peu de temps pour prendre forme et de recul pour exister. Elle n'est pas temps réel et ne le sera jamais. Elle est une vraie richesse de l'humanité, qu'il ne faut pas galvauder.
Voilà ce que j'aimerai savoir dessiner pour le Petit Prince…