jeudi 28 septembre 2006

Photo de Hiroshi Sugimoto


[Extrait de Encyclopedia Universalis 12 version DVD]
"Hiroshi Sugimoto, Regency, San Francisco, tirage argentique, extrait de la série Interior Theaters, 1992.
Depuis plus de vingt ans, le photographe japonais poursuit une série de vues de salles de cinéma vides de leurs spectateurs, avec un temps de pose égal à la durée du film projeté : ses photographies ne gardent trace d'aucune des images qui se succèdent sur l'écran, mais de la seule lumière aveuglante résultant de leur superposition."
© Encyclopædia Universalis 2006, tous droits réservés

mardi 26 septembre 2006

MORT DU JOURNALISME

[Chronique de Lucien, de très mauvaise humeur ce jour-là, à paraître dan sun prochain magazine]
Oui, le journalisme est mort, y’a pas photo !
Si c’est pas aujourd’hui, c’est demain.
D’abord, plus personne n’a les moyens de se payer des journalistes salariés. Même pas chers, c'est trop cher, 9 semaines de vacances, et trop risqué, ça se rebiffe pour un rien.
Résultat: les quotidiens sont pris à la gorge, les radios dégraissent, les télés aussi et le web n’en veut pas, il préfère des « modérateurs ».

La tentation de l'impossible 
René Magritte
Edouard de Rothschild, improbable sauveur de Libé, n’a vraiment rien compris. Mais c’est normal, quand on vit dans un monde doré, on n’a plus d’idées, on n’a que des préjugés.
Ensuite, les lecteurs n’ont plus envie de lire (voir, entendre) des « articles de journalistes ». Cela fait trop longtemps qu’ils les trouvent chiants, partisans, égocentriques et surtout sans aspérité, ronronnants, moutonniers ou au contraire déviants, bourrés d’erreurs, voire mensongers.
Tous les PPDA-like, blancs ou noirs, ont beau sourire et plaire, ils sont comme le tableau d’Oscar Wilde, haleine fraîche dehors, tout pourris en dedans.
Les gens veulent de l’info, oui, mais rapide, réactive, riche, variée ; ils veulent rebondir dessus, partager leur vision.
Le journalisme en tant que média prioritaire qui donne du sens à la vie et explique le monde est mort.
Les gens veulent toujours comprendre, bien sûr - ne pas comprendre, c'est mourir à petit feu - mais autrement : plus vite, plus court, plus imagé, moins solennel, moins donneur de leçon.
Les gens, faut pas les prendre pour des cons, ce que font des tas de journalistes, particulièrement à la télé – il suffit de les écouter parler entre eux de leur public - . Il faut les prendre pour ce qu’ils sont : des gens qui bougent dans un monde qui bouge et qui veulent en rester acteurs.
Bientôt, très bientôt, il n’y aura plus de journalistes salariés. Les seuls journalistes qui resteront sur le marché seront des pigistes, une sorte d’artistes de l’enquête et de l’investigation, intermittents du stylo, du micro ou de la caméra, que tel producteur se paiera de temps en temps, comme un marquis se paye sa danseuse, lorsqu’il voudra faire mousser son programme.
Les autres se seront transformés en producteurs de contenu à la demande, principalement sur le web et en modérateurs de sites et de forums plus ou moins spécialisés.
Mais dans ces jobs-là, ils seront concurrencés par des tas de gens, jeunes et branchés, encore plus rapides et plus compétents qu’eux, moins à cheval sur une soi-disant éthique – qui n’a jamais empêché les dérapages - et qui préfèrent le principe de l’info circulaire action-réaction à celui de l’info linéaire enquête-lecture.
Comme disent les anglo-saxons on passe du top-down au me too , celui de « moi aussi je veux en être » et non pas celui de « je suis comme les autres » !
Voilà, c’est comme cela, c’est tout, pas la peine de pleurer.
Ca peut même être marrant, ce spectacle, ce désordre créatif, nouveau monde de l’info ! ... Bon d'accord, ce ne sera plus le même info. Mais, franchement, qui s'en préoccupe, à part quelques vieux crabes du journalisme qui se croient encore au temps de Mark Twain?...--source image--

Brejnev et la Moskvitch


Blague (bientôt vieille) que l'on racontait il y a pas mal d'années sur Brejnev, à propos de son goût personnel très marqué pour les automobiles.
Chaussant des lunettes noires, Brejnev se mêle aux Moscovites qui contemplent, près d'une ambassade, une Jaguar garée entre deux Moskvitch.
Il interroge un badaud :
- Laquelle préfères-tu, camarade ?
- La Moskvitch.
- Eh bien, on voit que tu ne connais pas les voitures !
- Les voitures, je les connais, rectifie l'autre prudemment, c'est toi que je ne connais pas.
--merci TBA via Roland-- -source image--

lundi 25 septembre 2006

Biens communs, lettre d'amour

[lettre gagnante , de Susana López Rubio, du 3e Concours Antonio Villalba de Lettres d'Amour]
Ma très chère épouse,
Hier j'ai reçu un courrier de ton avocat ou il m'invite à énumérer nos biens communs, en vue de commencer la procédure de dissolution de notre lien matrimonial.
Je te confie ci-après la liste en question afin que tu puisses entamer les démarches auprès du notaire et rassembler tous les papiers nécessaires avant d'aller au tribunal.
Comme tu le constateras, j'ai divisé la liste en deux parties. D’abord, une partie qui reprend ce que je souhaite garder de nos cinq années de vie commune et ensuite ce que tu peux garder.
En cas de doute ou de commentaire, tu sais que tu peux me joindre au bureau de huit heures du matin à cinq heures de l’après-midi, ou bien sur le portable jusqu'à onze heures du soir : je serai ravi de revoir la liste avec toi.
 Les choses que je souhaite garder:
- Le chair de poule sur mes bras, la première fois que je t'ai vue au bureau.
- Le doux arôme qui flottait dans l'ascenseur, après que tu soies descendue au deuxième étage, un matin où je n'osais encore t'adresser la parole.
- Le mouvement de la tête avec lequel tu as accepté mon invitation à dîner.
- La tâche de rimel que tu as laissée sur mon oreiller la nuit ou enfin nous avons dormi ensemble.
- Ta promesse que je serai le seul à embrasser la constellation de taches de rousseur sur ta poitrine.
- La morsure que j'ai laissée sur ton épaule et que tu as du dissimuler avec du maquillage : ta robe de mariée avait un décolleté à me rendre fou!
- Les gouttes de pluie qui ont mêlé tes cheveux lors de notre lune de miel à Londres.
- Toutes les heures que nous avons passées à nous regarder, nous embrasser, à parler et à nous caresser (et aussi toutes celles que j'ai passées simplement à rêver de toi ou à penser à toi…)
Les choses que tu peux garder:
- Les silences.
- Ces baisers tièdes et empoisonnés dont l'ingrédient principal était la routine.
- Le goût âcre des insultes et reproches.
- Cette senstaion d'angoisse quand la nuit je tendais la main de ton coté du lit pour découvrir une place vide.
- Les nausées qui me remontaient dans la gorge quand je percevais une odeur étrange sur tes vêtements.
- Les frissons dans mes veines quand tu t'enfermais dans la salle de bains pour lui parler au téléphone.
- Les larmes que j'ai avalées quand j'ai découvert des égratignures inconnues sur ton corps.
- Jorge et Cecilia... Les prénoms qu'on aimait pour les enfants que nous n'avons jamais eu.
En ce qui concerne les autres objets que nous avons acquis pendant notre mariage (la voiture, la maison…), je voudrais te dire que tu peux les garder. En fin de compte, ils ne sont que cela: des objets…
Pour finir, je te transmets le numéro de mon avocat pour que tu rentres en contact avec lui et vous puissiez préparer les papiers du divorce de commun accord.
Affectueusement,
Roberto
lire la version originale en espagnol:

Estimada Esposa,
Ayer recibí una misiva de tu abogado donde me invitaba a enumerar los bienes comunes, con el fin de comenzar el proceso de disolución de nuestro vínculo matrimonial.
A continuación te remito dicha lista, para que puedas solicitar la cvertificación al Notario (...)(...) y tener listos todos los escritos antes de la comparecencia ante el tribunal.
Como verás, he dividido la lista en dos partes. Básicamente, un apartado con las cosas de nuestros cinco años de matrimonio con las que me gustaría  quedarme y otra con las que te puedes quedar tú.
Para cualquier duda o comentario, ya sabes que puedes llamarme al teléfono de la oficina (de ocho a cuatro) o al móvil (hasta las once) y estaré encantado de repasar la lista contigo.
COSAS QUE DESEO CONSERVAR:
- La carne de gallina que salpicó mis antebrazos cuando te vi por primera vez en la oficina.
- El leve rastro de perfume que quedó flotando en el ascensor una mañana, cuando te bajaste en la segunda planta, y yo aún no me atrevía a dirigirte la palabra.
- El movimiento de cabeza con el que aceptaste mi invitación a cenar.
- La mancha de rimel que dejaste en mi almohada la noche que por fin dormimos juntos.
- La promesa de que yo sería el único que besaría la constelación de pecas de tu pecho.
- El mordisco que dejé en tu hombro y tuviste que disimular con maquillaje porque tu vestido de novia tenía un escote de palabra de honor.
- Las gotas de lluvia que se enredaron en tu pelo durante nuestra luna de miel en Londres.
- Todas las horas que pasamos mirándonos, besándonos, hablando y tocándonos. (También las horas que pasé simplemente soñando o pensando
en ti).
COSAS QUE PUEDES CONSERVAR TÚ:
- Los silencios.
- Aquellos besos tibios y emponzoñados, cuyo ingrediente principal era la rutina.
- El sabor acre de los insultos y reproches.
- La sensación de angustia al estirar la mano por la noche para descubrir que tu lado de la cama estaba vacío.
- Las nauseas que trepaban por mi garganta cada vez que notaba un olor extraño en tu ropa.
- El cosquilleo de mi sangre pudriéndose cada vez que te encerrabas en el baño a hablar por teléfono con él.
- Las lágrimas que me tragué cuando descubrí aquel arañazo ajeno en tu ingle.
- Jorge y Cecilia... Los nombres que nos gustaban para los hijos que nunca  llegamos a tener.
Con respecto al resto de objetos que hemos adquirido y compartido durante nuestro matrimonio (el coche, la casa, etc) solo comunicarte que puedes quedártelos todos. Al fin y al cabo sólo son eso:...
objetos.
Por último, recordarte el n º de teléfono de mi abogado (.......)  para
que tu letrado pueda contactar con él y ambos se ocupen de presentar el escrito de divorcio para ratificar nuestro convencimiento.--transmis par Gisela B.& Lucas M.----source image-- 

Alessandro Baricco, la musique et les mots

Il paraît qu'il est très connu, cet écrivain né à Turin en 1958, Alessandro Baricc
Et, honte sur moi, je n'avais jamais entendu parler de lui!
Voila-t'y pas que je tombe, non pas sur l'un de ses romans qui l'ont rendu célèbre, mais sur un petit opuscule de sa main , 90 pages tout mouillé, bizarrement intitulé  : Novecento : pianiste, chez Mille et Une  Nuits.
Et là, délices! Un bijou, un petit chef d'oeuvre de rareté, d'étonnement. Le décor, les personnages, l'histoire, tout est différent, spécial, attachant.
Et surtout, la musique, présente partout, dans l'histoire, dans les relations. Il paraît qu'il hésitait entre ses deux passions, Alessandro Barrico, la musique et l'écriture. Alors il a mis des notes entre ses lignes.
Et voilà ce qu'il en dit :

"Il y a de la musique dans les mots, mais la musique est plus forte, dans la musique, il n'y a pas de mots."
J'en reste sans voix!
Il paraît que c'est en fait une pièce de théâtre, ce "Novecento: pianiste" mais on ne dirait pas. Le texte se lit d'un trait, il fait partie de ces lectures rares qu'on n'a pas envie d'arrêter.
En tout cas, cette pièce est tout le temps à l'affiche, nous dit-on.
Du coup, évidemment, je vais me précipiter sur ses deux romans "traduits dans le monde entier et qui l'ont consacré".... : Châteaux de la colère et Soie.

Jersey, ses vaches et ses Porsche

A Jersey, ils boivent trop de bière, comme tout Britannique qui se respecte, mais en plus ils grignotent à tout bout de champ leur délicieuse crème fraîche, qui provient de leur mignonne petite vache locale aux yeux maquillés, star de ciné. Résultat: ils sont tous gros, obèses et souriants. Mais ils aiment et protègent les animaux, ils n'ont que cela à faire tellement ils s'ennuient dans leur petite île paradisiaque étriquée. Non, ce n'est pas vrai: ils ont un autre passe-temps: la voiture. Jamais vu autant de gros 4x4 et de Porche au kilomètre carré, alors que justement des kilomètres carrés il y en a si peu sur cette île, 100 peut-être. En Porsche, ils n'ont même pas le temps de passer la seconde que déjà, ils sont au bord de la falaise... Mais, nous les Français, on est content: tous les noms de rue et de route sont dans notre langue, comble de snobisme local...

jeudi 21 septembre 2006

Dictature du clic et mort des idées

[chronique de Lucien qui vient de paraître dans 01DSI n°26]
Bientôt on recevra chacun dans sa boîte à lettres électronique son journal gratuit mis en page sur mesure par un logiciel, grâce au formulaire qu’on aura complété en cochant des cases et qui le remplira automatiquement en allant puiser dans une banque de contenus mis à jour en permanence, indexés de manière astucieuse. En fait, cela existe déjà ! C’est le nouveau genre de l’info personnalisée, à la demande, c’est monjournal.com.
Et tout le monde est content, les éditeurs de logiciels, les hébergeurs, les fournisseurs et, parait-il, les lecteurs-internautes aussi, parce que rien n’est plus important pour chacun d’entre nous de se croire unique.
Le système se pare de toutes les vertus : c’est du one-to-one automatisé. On ne peut pas rêver mieux. Même dans l’automobile, ils n’avaient pas réussi à faire un truc aussi chouette...

« La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu’elle fleurit ;
sans souci d’elle-même,
ni désir d’être vue. »
Angelus Silesius

Les marketeurs vérifient soigneusement les clics pour ajuster le contenu à la demande : tiens, en ce moment, il nous faudrait un peu plus de ceci, cela, un peu plus sur untel, une telle et les fournisseurs de contenus s’exécutent. Ainsi, on est sûr de ne décevoir personne et de coller en permanence à la demande client. On peut vendre tout cela, niche par niche, à ses annonceurs qui, eux aussi, font
passer des messages en fonction du contenu et de l’audience. La boucle est bouclée. C’est du CRM plus plus, aux petits oignons.
Car, c’est bien connu, le client sait toujours ce qu’il veut. Il suffit de le lui demander. C’est sûrement comme cela qu’on a tout inventé, n’est-ce pas ?...
En fait, cette dictature du clic, c’est aussi la fin des idées originales, de l’innovation, de l’offre. C’est le règne du copier-coller, du me too, du consensus mou, du politiquement correct. Plus personne ne dérange personne, ça ronronne. Tout le monde s’emmerde mais c’est gratuit. Le web, ça me rappelle la télé, comme disait Woody Allen ou quelqu’un du même genre : « Je regarde souvent la télé ; parfois même, je l’allume. »
On achète l’info comme du beurre dans les supermarchés du web, on la tartine à la demande avec les paillettes qu’il faut. Les nouveaux rédacteurs en chef vous disent sans vergogne : on ne publie que de l’actu qui fait cliquer. Ca c’est de la stratégie éditoriale : « c’est plié ! » comme on dit maintenant !
L’info banalisée, l’info pour tous, ce n’est plus que du yaourt de cerveau, de la marmelade de neurones. Elle n’a plus de sens, elle n’a que des caractéristiques, des rubriques, un volume, un vocabulaire. Elle ne sert plus à comprendre le monde, elle sert juste à l’habiller de bruits et d’images.
Et le plus extraordinaire c’est que cette bêtise nouvelle dans laquelle on nous précipite, on prétend en même temps en faire l’archétype de la nouvelle communication : comme tout le monde dit tout en même temps à tout le monde, il en sortira forcément quelque chose de mieux qu’avant, n’est-ce pas ?
Ah si internet rendait plus beau et plus intelligent, moi, je vous le dis, depuis le temps, ça se saurait !

Papa, je viens d'où? Version originale sous-titrée


"Daddy, where did I come from ?" the seven-year-old asked.
It was a moment for which her parents had carefully prepared.
They took her into the living room, got out the encyclopedia and several other books, and explained all they thought she should know about sexual attraction, affection, love, reproductions, blow-jobs, etc.
Then they both sat back and smiled contentedly.
"Does that answer your question ?" her father asked.
"Not really," the little girl said. "Pamela said she came from Connecticut. I want to know where I came from."
Version française traduite par Systran:

Le "papa, où je viennent de?" le sept-année-vieux demandé.
C'était un moment à l'où ses parents s'étaient soigneusement préparés.
Ils l'ont prise dans la salle vivante, sont sortie l'encyclopédie et plusieurs autres livres, et ont expliqué tous qu'ils ont pensés qu'elle devrait savoir l'attraction, l'affection, l'amour, les reproductions, les souffler-travaux, etc.. sexuels.
Alors ils se sont assis en arrière et ont souri satisfait.
"Fait qui répondent à votre question?" son père a demandé.
"Pas vraiment," la petite fille a dit. "Pamela a indiqué qu'elle est venue du Connecticut. Je veux savoir d'où je suis venu."
[NDLR: remarquez notamment les "souffler-travaux" qui est une nouvelle traduction étonnante..]
Beaucoup plus poétique dans le registre parlons à nos petits enfants: Papa Houétu
Ou, dans le genre beaucoup plus sexiste: Garçons précoces ...--transmis par Roland-- --source image--

mardi 19 septembre 2006

Tiens, le phare brûle

"Tiens, le phare brûle!" me dit ma femme.  Je regarde par-dessus les toits de Roscoff, vers le port marchand, et effectivement je vois une longue fumée noire s'échapper du phare.
Mais le temps presse, on embarque pour l'île de Batz.
La fumée s'échappe toujours, de plus eu plus noire,  mais c'est bizarre, personne ne s'en étonne autour de nous...
Tout à coup, derrière les toits, le phare en feu se met ä bouger!...
Et l'on découvre alors, penauds, qu'il s'agit de la cheminée du ferry qui s'en va....
--ECOUTEZ CET ARTICLE-- --source image--

lundi 18 septembre 2006

Photo, c'est beau, expo

Après deux expositions à Paris l'année dernière, Nicolas du Chatelle nous propose de venir découvrir du 5 au 28 octobre 2006 une ballade sous la Lumière de Versailles.
Le vernissage aura lieu le 5 octobre à partir de 18h30 au "Facteur Cheval", 12-14 rue des Etats Généraux (à Versailles).
--ECOUTEZ CET ARTICLE--

David Bowie et Lady Di ont deux enfants

L'histoire, bien connue mais authentique, que j'aurais du vous raconter vendredi, désolé pour mon retard:
Saviez-vous que David Bowie et Lady Di ont eu une liaison, de laquelle sont nés deux enfants, Kent et Alain ?
L'un a pris le nom de son père, l'autre de sa mère.
Alors :
Bowie Kent et Alain Di.
PS: Ecoutez cet article vocalisé, ça marche très bien! C'est le fameux système dont je vous parle ICI.

dimanche 17 septembre 2006

Bingo des réunions

Vous avez des difficultés à supporter les réunions ?
L'ennui et le sommeil vous prennent pendant les conférences ?
Vos problèmes ont vécu. Car il existe maintenant le nouveau BINGO DES REUNIONS.
Une méthode très efficace pour garder la concentration lors des séances ou réunions.
Comment jouer ?
1. Découpez le tableau ci-dessous, avant la séance.
2. Chaque fois qu'un des mots présents dans les cases est prononcé, biffez-le.
3. Dès qu'une ligne, une colonne ou une diagonale est remplie, criez « BINGO ! ».

vendredi 15 septembre 2006

La sale tête de Windows XP

La mire de Windows XP en train de démarrer, vous êtes comme moi: vous trouvez que vous la voyez plus souvent qu'à son tour.
A force de la contempler, les yeux absents, j'ai fini par y voir une tronche, avec un petit chapeau, des grosse lunettes et des sourcils, la clope dans un coin de la bouche à moins que ne ce soit des dents pourries.
Une tronche de robot, d'extra-terrestre, de clown, d'homme invisible, je ne sais pas; ou bien un masque primitif ou encore un braqueur de banque masqué.

Dans tous les cas, vous avez remarqué, ce logo ne m'a pas inspiré d'images agréables, comme c'est bizarre! :)
Du robot ou du masque de carnaval, d'autres ne verront que la bouche, une méchante balafre en travers du visage: il roule sa clope d'un bord à l'autre ou bien il marmonne, il parle. Que dit-il? Il se plaint de son sort? Il se moque de nous?
C'est peut-être aussi un ectoplasme, un zombie, l'âme damnée d'un développeur maudit qui revient nous hanter à chaque (re)démarrage...

jeudi 14 septembre 2006

Epizeuxe de l’amalgame

[chronique parue dans 01 DSI n° 4]
Longtemps désoeuvré de bonne heure, cliquant un jour sur la rubrique Livres d’Amazon, je découvrais avec amusement leurs trois derniers best-sellers en date: Harry Potter, Blake et Mortimer et L’Art d’avoir toujours raison. Ah ! soupiré-je, voici bien les nouveaux moteurs de ce monde : la magie magnifiée de l’enfance, la nostalgie britannico-policière des anciennes colonies et les beaux discours de toujours. Au fait, qui a osé pondre ce petit manuel sûrement à moitié bidon ? Arthur qui ?... Non ? Pas Arthur Schopenhauer qui ceci et qui cela ? Mais, si, Arthur lui-même en personne ! Le célèbre philosophe pessimiste, auteur de l’ineffable Parerga et Paralipomena (1851), l’homme qui s’époumonait à poser l’art et le boudhisme en solution à tous nos tourments... Ouaouh ! Bien joué, l’éditeur, ça c’est du marketing ! Enveloppé, c’est pesé ! Recycle, refourgué.
"Le contraire d'une vérité profonde, c'est une autre vérité profonde."
Niels Bohr, Nobel 1922, physicien nucléaire devenu pacifiste


Evidemment, il n’est pas certain que les nombreux lecteurs du bouquin alléchés par le titre, acheteurs aussi, nous dit Amazon, de Comment se soigner avec son petit doigt et de Faire la cuisine en dormant, auront compris qu’ils pouvaient accéder d’un seul clic à la quintessence de la rhétorique moderne, celle qui vous donne toujours raison quels que soient le sujet et le contradicteur. Ils pensaient plutôt, grâce à ce petit mode d’emploi, clouer facilement le bec de leur conjoint ou de leur banquier.
Amalgame, tel est le maître-mot de la communication. Prenez n’importe quelle idée, mettez-y un doigt de tendance, un zeste d’actu et hop ! Le tour est joué, le produit se vend comme des petits pains. Tout le monde veut téléphoner, tout le monde aime prendre des photos ? Et hop ! Voici le téléphone qui fait clic-clac plus vite que son ombre. Il paraît qu’au Japon où le gadget bat son plein, les filles se plaignent des pervers qui, l’appareil au bout d’un bras pendant, prennent discrètement des photos de bas en haut, sous leur mini-jupes. Les kiosquiers dénoncent ceux qui photographient les journaux plutôt que de les acheter. La pub d’un opérateur n’hésite pas à vous vanter les merveilleux trucages possibles comme de diffuser la photo d’une fausse parturiente avec un vrai bébé, vous vous rendez compte !
Fond et forme, contenu et contenant, amalgame des amalgames, tout n’est qu’amalgame. Il faudra donc s’habituer au film qui vous met dans le film, au lecteur mp3 qui vous transforme en chanteur, au journal de sport qui vous rend sportif, au politique qui vous rend intelligent, etc.
Hélas ! Hélas ! Hélas ! (Une figure de style, la répétition de mots, qui s’appelle l’épizeuxe), Schopenhauer avait raison : on se fiche que ce soit vrai du moment que c’est joli, le monde n’est qu’illusion. Et d’ailleurs, cette chronique, finalement et tout compte fait, n’existe plus depuis longtemps
(*) la figure, quand on commence et termine par le même mot, s’appelle l’épanalepse.

Eloge du spam

[chronique publiée dans 01 DSI n° 2]
Mais, c’est incroyable, comment savent-ils que j’ai un tout petit zizi ? Même ma femme, après 20 ans, ne s’en est pas encore rendue compte. Eux sont aux petits soins pour mon pénis si clean. Tous les jours sur ma messagerie obèse, ils me proposent de me l’agrandir, dans toutes les directions et de différentes façons (vous avez remarqué, le remède est toujours en anglais, les Français n’osent pas aborder ce genre de sujet ça doit être pour ça). Les coquins, comment ont-ils pu découvrir que je suis le plus mauvais amant du monde et que j’ai parfois, rarement mais parfois quand même, des - petits, pas énormes - problèmes d’érection ?

« La perfection des moyens et la confusion des buts semblent caractériser notre époque. »
Albert Einstein


Je ne compte pas le nombre de propositions qui m’assaillent pour une vente discrète (et toujours en anglais) de Viagra multicolores.
Ce n’est pas tout, ils savent, les futés, que je cherche en permanence les prêts aux meilleurs taux sur toute la surface bancaire de la terre, car ils m’en proposent de très alléchants. Les premières offres japonaises commencent à débarquer sur le net et elles avoisinent le taux zéro : ce sera difficile de faire mieux.
Mon âme se pâme devant le spam, c’est beau, j’en veux encore, j’en redemande. Tous ces messagers virtuels précèdent mes désirs, ils lisent en moi comme sur un écran ouvert, ils devinent ma nature complexe de poète high tech sexuellement obsédé.
L’autre jour, d’après ma banque, il y en a même un qui avait trouvé avant moi le numéro de ma nouvelle carte de crédit : c’est pas formidable, ça !
Le côté technoïde, n’en parlons pas, dès qu’un truc bizarre sort, par exemple une montre - caméra - GPS - GPRS - tensiomètre - podomètre - infrarouge - bluetooth qui fait aussi tournevis et cafetière électrique, il est pour moi, je n’ai qu’à cliquer, on me le prête en shareware, on me le donne en freeware, on me supplie de le prendre tellement je suis important pour eux. Je suis aware ! Tant d’attention m’enivre, ma tension monte, mon œil s’allume, mon cœur s’enflamme. Grâce à eux, ces porte-voix digitaux des rêves les plus fous, tout est possible, maintenant, tout de suite.
Evidemment, l’autre jour, quelqu’un, un furtif, un concurrent, un malfaisant, m’a dit qu’il était gâté comme moi. Mais je ne l’ai pas cru, le médisant, je sais bien que je suis le seul objet possible de l’attraction universelle. D’ailleurs, ça s’appelle du one to one, vous voyez bien ! The One c’est moi, y’a pas de clone qui vaille.
Dans cette épicerie géante à portée de souris, je n’ai qu’à, d’un geste hautain et négligent, tel César avec son pouce dans l’arêne des plaisirs populaires, désigner les heureux élus de mon choix, bidules et pilules en tout genre qui vont remplir ma vie, qui vont la transcender en un miracle permanent, un paradis de substances licites convoquées sur l’autel géant du web de toutes mes envies.
Je veux qu’on me spame encore et encore, à cœur et à corps. Spammeurs de tous les pays, unissez-vous et n’utilisez plus qu’un seul destinataire, moi ! (s’il vous plaît, écrivez bien mon adresse : lespameureu@gpafiniderever.org)

Bouger, moi ? Jamais !

[chronique publiée dans 01 DSI n°6 
Mais qu'est-ce qu'ils ont tous, ces terriens hystériques, à vouloir à tout prix faire bouger les choses et les gens ? Ils ont peur de prendre racine ou quoi ? Mais c'est Racine qu'ils perdent ! Qui, dans ce monde effervescent, fera encore l'éloge de la paresse reine? Qui osera dire la joie indicible de la contemplation douce ?
Même dans l'eau, on ne voit que des pas drôles qui croulent sous le crawl, moi je coule cool, je fais la planche, je suis la baleine à l'aise, insensible à l'alêne de la modernité.
En fait, je sais pourquoi ils bougent tous tant : c'est l'angoisse de la mort qui les tenaille, depuis qu'ils sont sortis du ventre de leur mère où ils étaient si pépères. C'est ça le péché originel : nous obliger à quitter les limbes amniotiques pour l'enfer frénétique de la trépidation.En marchant, je rêve. En lisant, je pleure. Vous les agités du bocal, vous pouvez toujours essayer de me parler, je suis un poisson rouge, je vous vois comme dans un film muet, tel un Buster Keaton face à l'agitation brownienne du 21e siècle.
Moi je ne veux pas trépider, je ne trépigne pas, je lévite, j'évite tous les risques de la technologie. Je ne veux pas de ce téléphone portable qui permet à n'importe qui de me déranger n'importe où. Je refuse ce haut débit qui se pâme devant le spam à tout vat. Je ne serai jamais interactif comme un jeu vidéo car est interactif tout ce qui vous empêche de communiquer avec vos proches, parce que vous passez des heures sur un PC à surfer sur internet ou à jouer en réseau. Je ne suis pas le nomade de Jacques Attali. Même les Touaregs ont des habitudes immuables. Et même la montre arrêtée a raison deux fois par jour.
Je veux du temps, suprême richesse inaccessible à l'homo communicans. Je veux de la poésie déclamée dans un théâtre antique. Bouger, bouger… Tiens, ça me fait penser à la définition du yachting par les Anglais : " Le moyen le plus lent, le plus inconfortable et le plus salé, pour aller d'un endroit où on est bien à un endroit où on n'a pas du tout envie d'aller. " Si tu bouges, c'est que t'es pas à l'aise, ça te gratte, ça te démange. Tu cherches à te faire une place au soleil au lieu de faire du soleil, comme te le conseillait pourtant Genet (ou Giono, v'là que je sais plus). A défaut, écoute donc
Francis Blanche : " Mieux vaut penser le changement que changer le pansement ". Penses donc un peu si tu peux ! Oses l'immobile ! Croise les bras, lève la tête, respires ! Bon d'accord, l'air est pollué, le silence troué, tout le monde ne peut pas vivre à 2 000 mètres de haut avec les chamois, sans TNT ni ADSL, sans wifi, ouf ! Là, enfin seul, sur mon rocher, jouant négligemment d'une flûte à peine taillée, l'œil perdu sur les cîmes enneigées dénuées de paraboles, je me paierai comptant le
luxe infini… de m'emmerder.

mercredi 13 septembre 2006

La complainte du zygopétale

Je vous le dis bien en face, ça ne peut plus durer !
La techno nous bouffe, le cyber nous étouffe. Plus on s’occupe des chiffres, moins on s’occupe des hommes. Plus tu branches, moins tu penses : haut débit, gros dépit. Alors, je dis : halte-là !
Je voudrais un peu de poésie dans ce monde de la vitesse reine. Je voudrais du temps pour une âme calme et sereine.
Je voudrais que les gens se regardent dans les yeux quand ils se parlent, que chacun puisse se contempler dans sa glace tous les matins sans faire des grimaces.
Qu’on se souvienne plus souvent qu’on va mourir, Bill Gates comme les autres : ce jour-là, couvert de ses dollars, il sera aussi nu qu’un sans-papier car il ne pourra pas acheter le paradis (enfin, je l’espère, Saint-Pierre, je t’en supplie !).

La pluie est triste parce qu'elle nous rappelle le temps où nous étions poissons. »
Ramon Gomez de la Serna
Je voudrais que l’entreprise redevienne un lieu social habité par des âmes fortes et droites, soucieuses de développer un grand projet utile. Je voudrais combattre la lâcheté grandissante d’une planète affolée qui ne parvient même plus à intéresser les nouvelles générations.
Les salariés de Larousse, inquiets d’être repris par un groupe qui monopoliserait toute l’édition française (en clair : achetés par Hachette, le roi de la machette), manifestaient en disant : « Voici comment nous serons gérés : les lettres W et Z, n’étant pas assez utilisées, seront supprimées de l’alphabet ! » Fini le zygopétale*, adieu le witloof **!
Ils avaient compris, eux, que le summum de l’Ebitda est de faire tout avec rien.
D’ailleurs, quand nous aurons installé toutes nos usines ailleurs (c’est-à-dire là où c’est moins cher), puis tous nos services (parce que, c’est incroyable, même les pauvres deviennent intelligents), alors, que nous restera-t-il d’autre à faire que se demander à quoi on sert ? Et quand les pauvres seront riches, où ira-t-on, ratons erratiques ?
Bref, le choix est simple : d’un côté, compter ; de l’autre, aimer. Avoir ou être, telle est la question binaire du monde digitalisé.
Je sais, certains militent pour que le commerce soit durable, l’économie solidaire, les échanges équilibrés, les politiques intelligents et les patrons intègres. Mais en général, ce sont les pauvres qui font semblant d’y croire, les riches, eux se marrent en allumant leur cigare.
Voilà donc, triste bilan, où nous a amené la techno : à accélérer le temps et à supprimer l’espace. Le monde digital est un monde virtuel, au sens propre, c’est-à-dire unidimensionnel.
Essayez de le dessiner, ce monde à un seul axe (l’argent), vous verrez, ce n’est pas facile ! Même le point le plus minuscule écrit sur une feuille blanche possède au moins trois dimensions. L’argent n’avait déjà pas d’odeur, désormais, il n’a pas non plus d’existence mathématique.
Pourtant, la techno aurait pu nous faire du bien, nous apprendre à lire et à écrire, à parler toutes les langues, bref à écouter et comprendre l’autre. Au lieu de cela, elle s’est contentée d’accélérer la communication, cette forme trafiquée de l’information. Grâce à elle, on bidouille les comptes, on diffuse des virus. Le monde a perdu son âme.
* variété d’orchidées tropicales à ample labelle (Petit Robert)
** chicorée sauvage à grosse racine qui, par étiolement, donne l’endive (Petit Robert)
(NDLR: la grosse photo d'ouverture n'est pas un zygopétale, mais un witloof (une endive, quoi!) ]--source photos--

mardi 12 septembre 2006

Salle fumeurs: joli plafond


 


Un trompe l'oeil du plus bel effet!

Ou comment conjuguer l'art et le conseil santé...

Il y avait aussi le coup de la terrasse, qui était pas mal.


--repéré par Anne, via Roland--

jeudi 7 septembre 2006

Xavier Garamboix, Directeur Général, Amazon.fr (podcast)

Xavier_garambois_dg_amazon
Le directeur général de Amazon.fr table sur une bonne fin d'année.Il fait le bilan de six années d'existence en France. Aux Etats-Unis, Amazon est numéro deux de la vente en ligne.
[Extrait de l'émission 01 Business, sur BFM, du 7 septembre 2006]

Entreprise 2.0: la rupture

[tiré d'une chronique à paraître dans un prochain magazine]
Avec un peu de bouteille, on se laisse moins griser par les slogans à la mode. S’il suffisait d’accoler « 2.0 » à toutes ses actions pour révolutionner son business, la vie d'entrepreneur serait formidable. Malheureusement, c’est un peu plus compliqué, à cause du syndrome Sarkozy : pas facile de passer pour un chantre de la rupture quand, toute sa vie, on a fait partie de l’establishment…
Pourtant, derrière ce vocable « 2.0 » - accolé d’abord à « web » et maintenant à « entreprise », si l’on suit les derniers travaux du professeur de Harvard, Andrew P. McAfee (tout un topo sur le 2.0, mais dans un article payant, 6 dollars, c'est drôle...) – on trouve des nouveautés en technologies de l’information, en management, en fonctionnement de groupes de travail et en stratégie marketing qui, ensemble, pourraient représenter une véritable phase de rupture. Ces phases-là sont suffisamment rares dans l’histoire de l’économie et du business pour essayer de ne pas les louper.


Les technologies, vous les connaissez : ce sont les fils RSS, les blogs, les wikis, les gestionnaires de contenus dynamiques, les nouvelles formes de programmation de type Ajax, les descripteurs universels de documents XML, les réseaux peer to peer, les messageries de groupe… Bref, tout ce qui permet aujourd’hui de bâtir à moindre coût un système collaboratif de communication et d’échange.
Et le bilan est clair : les groupes de projet qui se constituent sur ces bases-là obtiennent des résultats beaucoup plus vite qu’avec n’importe quelle méthode. Et le résultat obtenu, issu d’un lissage de multiples propositions, est probablement bien meilleur.
Ce n’est pas un miracle : ces outils, s’ils sont bien agencés, donnent simplement aux gens la possibilité, enfin, de participer de manière directe et constructive à l’amélioration de leurs méthodes de travail. Contrairement à certaines idées, la plupart des collaborateurs d’entreprise aiment plutôt voir les choses avancer de manière efficace et rapide plutôt que de traîner en longueur!
On passe, selon les termes de Andrew P. McAfee, de la communication par « canal » (typiquement la messagerie) à une communication par « plateforme » (typiquement
l’intranet ou le blog). En mode canal, il y un émetteur, un nombre fini de destinataires et un processus linéaire; en mode plateforme, il y a un groupe de validation, une visibilité illimitée et un processus circulaire.
La deuxième grande nouveauté de ces outils, c’est qu’ils donnent la possibilité de capturer non pas la connaissance enfouie dans la tête des collaborateurs et que tous les systèmes de KM (Knowledge Management) tentent en vain de modéliser depuis des années mais, plus prosaIquement, les pratiques et les résultats.
L'acronyme SLATES 
McAfee résume sa vision Entreprise 2.0 dans un acronyme, SLATES,  qui  donne les six focntions de base : Search, Links, Authoring, Tags, Extensions, Signals. Le système doit permettre de chercher (et de trouver !) des réponses à ses questions, d’affiner les liens web documentaires en fonction des centres d’intérêt de la communauté, de proposer à chacun d’être un auteur, d’organiser la taxinomie des infos selon le principe des tags, de proposer des extensions de type Amazon (« si vous avez aimez ce lien, vous aimerez sans doute aussi celui-là »), et de signaler les nouveautés. Quel beau cahier des charges !
--lire aussi débat et commentaires sur le blog de Andrew McAfee qui répond à Tom Davenport, chantre du KM--

mardi 5 septembre 2006

monjournal.com: info gratuite, diktat du clic et mort des idées

Bientôt on aura chacun dans sa boîte à lettres électronique son journal gratuit mis en page sur mesure par un logiciel, grâce au formulaire qu’on aura rempli – parlez-moi de ceci, cela, parlez-moi de untel, unetelle – et qui le remplira automatiquement en allant puiser dans une banque de contenus mis à jour en permanence, indexés de manière astucieuse. En fait, cela existe déjà ! Et tout le monde est content, les éditeurs de logiciels, les hébergeurs, les fournisseurs de contenus et, parait-il, les lecteurs-internautes aussi.
Les marketeurs vérifient soigneusement les clics pour ajuster le contenu à la demande : tiens, en ce moment, il nous faudrait un peu plus de ceci, cela, un peu plus sur untel, une telle et les fournisseurs de contenus s’exécutent. Voilà. Ainsi, on est sûr de ne décevoir personne et de coller en permanence à la demande client. Car, c’est bien connu, le client sait toujours ce qu’il veut. On peut vendre tout cela à ses annonceurs qui, eux aussi, font passer des messages en fonction du contenu et de l’audience. La boucle est bouclée. C’est du CRM plus plus, aux petits oignons.
Ouais… C’est aussi la fin des idées, de l’innovation, de l’offre. C’est le règne du copier-coller, du me too, du consensus mou, du politiquement correct. Plus personne ne dérange personne, ça ronronne. Tout le monde s’emmerde mais c’est gratuit. Ca me rappelle Woody Allen ou quelqu’un du même genre : « Je regarde souvent la télé ; parfois même, je l’allume. » On achète l’info au km dans les supermarchés du web, on la tartine à la demande avec les paillettes qu’il faut. Les nouveaux rédacteurs en chef vous disent sans vergogne : on ne publie que de l’actu qui fait cliquer. Ca c’est de la stratégie éditoriale ! Tout cela est triste à mourir, chiant comme la pluie, on lit désormais les mêmes choses partout au même moment, on voit les mêmes pop-ups clignoter, les mêmes couleurs, le même vocabulaire : « c’est plié ! » comme on dit !

Et si, finalement, y’avait pas plus con qu’un internaute ? Pas plus abruti, cliqueur obsessionnel inculte et hystérique ? Parano et schizophrène ? Si avec nos écrans blancs dans nos nuits noires on était en train de fabriquer une nouvelle génération de clones, d’imitateurs, incapables de réfléchir par eux-mêmes, cherchant d’abord le courant majoritaire pour s’y couler, poussant dans le sens du flot, ne ramant jamais à contre-courant ? Peut-on à la fois cliquer et penser ?

Comment trouver des idées nouvelles dans tout ce magma poussé par les clics et l’audience ? Où est la vraie innovation de la pensée dans cette agitation, ce bazar, cette conversation sans limites, cette parole nterminable qu’est devenu le web ?
L’info banalisée, l’info pour tous, ce n’est plus que du yaourt de cerveau, de la marmelade de neurones. Elle n’a plus de sens, elle n’a que des caractéristiques, des rubriques, un volume, un vocabulaire. Elle ne sert plus à comprendre le monde, elle sert juste à l’habiller de bruits et d’images. Et le plus extraordinaire c’est que cette bêtise nouvelle dans laquelle on nous précipite, on prétend en même temps en faire l’archétype de la nouvelle communication : comme tout le monde dit tout en même temps à tout le monde, il en sortira forcément quelque chose de mieux qu’avant, n’est-ce pas ?
Ah si internet rendait plus beau et plus intelligent, moi, je vous le dis, ça se saurait !

dimanche 3 septembre 2006

Le bon, le vrai et le beau

Je suis un fan de François Cheng, de l'Académie française, et je me délecte de son dernier ouvrage: Cinq méditations sur la beauté, chez Albin Michel.
François Cheng est un lettré chinois, débarqué en France dans les années 50 et qui depuis écrit en français.
D'où une des langues les plus pures qu'il m'ait été donné de lire depuis longtemps.
Il est avant tout poète, spécialiste de taoïsme et de calligraphie, mais aussi écrivain (j'ai adoré son roman
L'Eternité n'est pas de trop).
Ici, il se pose simplement cette question, en s'excusant de n'avoir que peu d'autorité pour y répondre:
"Pourquoi l'univers est-il beau, alors qu'il n'est pas obligé de l'être?".


On ne peut concevoir le monde sans le bon, un minimum de bonté, et donc sans le mal ; ni sans le vrai, unminimum de vérité, et donc sans
le mensonge. Mais on pourrait très bien le concevoir sans le beau...
Il cite aussi bien Angelus Silesius: "La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu'elle fleurit; Sans souci d'elle-même, ni désir d'être vue." que Baudelaire : "Heureux celui qui plane sur la vie, et comprend sans effort le langage des fleurs et des choses muettes."
Il aime distinguer avec Bergson le temps, "écoulement mécanique, suite implacable de pertes et d'oublis" et la durée, "continuité qualitative dans laquelle les choses vécues et rêvées forment un présent organique" . Le temps, ce sont les notes de la vie, la durée, c'est sa musique, sa
mélodie. Et la beauté est dans cette mélodie bien sûr...
Cet ouvrage est un grand moment de plaisir, de réflexion et de simplicité. Un moment rare. Heureux ceux qui ne l'ont pas encore lu!...