mercredi 30 septembre 2009

Réunion de têtes pensantes au colloque du Cigref


J'ai bien aimé Gérard Berry, qui pour un ponte du Collège de France, n'a pas l'air trop has been, ne dit pas trop de bêtises – sauf quand il dit qu'il n'y a pas de fils dans le téléphone sans fil ! - et fait montre d'un bel esprit indépendant. Il lance même quelques jolies formules : « Le numérique est une révolution surtout des schémas mentaux », « l'informatique est une science et une technique de construction, pas de déconstruction de ce qui existe », « les molécules sont des vecteurs d'information , on n'en est qu'au début de la bio-informatique », « avant, la science, c'était : on fabrique, ça casse, on recommence » ; « pour nos enfants, le 20e siècle, ce n'est plus qu'un livre d'histoire », « un gamin de 4 ans voit un vieux téléphone à fil chez son grand-père : dis, grand-père, t'as mis un antivol ? ».
Enfin, Gérard Berry a trouvé une perle : le livre « La vie électrique » d'Albert Robida, visionnaire génial qui en 1893 dessinait déjà le visiophone, appelé alors le « téléphonoscope ».

Autre amateur de jolie formules à ce colloque : Pekka Himanen (University of Art and Design, Helsinki), pour qui , par deux fois, :
F= C3, 
autrement dit : F = fundamental challenges
-Clean = climate change
-Care = welfare society version 2.0
-Culture = multicultural life
Message: faire face aux challenges avec innovation et créativité.
Mais aussi:
F= flourishing centers of innovation
-Creative people
-Community of enrichment
-Culture of creativity
Ou comment se donner les meilleures conditions pour innover.
Citons également deux autres intervenants :
-Michel Kalika, Ecole de Management de Strasbourg, auteur de la fameuse théorie du mille-feuilles (on empile les couches techno) qui a un vieux relent de McLuhan et pour qui : « La compréhension des usages des technos résulte de l'analyse de l'intégration entre un potentiel techno et une réalité des structures et de l'organisation»
-Moez Limayen, Walton Professor of Information Systems and Department Chair UNiversity of Arkansas (voir mon itw video du bonhomme), spécialiste du monde virtuel et qui raconte une bonne histoire sur les problèmes de traduction : un jour où il se laissait aller à raconter une blague en anglais devant un auditoire de 1 000 Chinois, celle-ci fut traduite en une seule phrase par l'interprète et tout le monde rit aux éclats; après coup il demanda au traducteur ce qu'il avait dit ; le traducteur : je leur ai dit c'est une très bonne blague, très drôle mais elle est trop longue à traduire, alors riez s'il vous plait !

mardi 29 septembre 2009

Serge Abiteboul (Inria): "Sur le web, on a fait le plus facile; maintenant, on rentre dans le dur!"

Serge Abiteboul, directeur de recherche à l'Inria, évoque les évolutions technologiques dans 3 domaines: le web, la gestion de connaissance et le parallélisme. Une interview réalisée à l'occasion du colloque OLG Conseil de septembre 2009

vendredi 25 septembre 2009

Moez Limayem (University of Arkansas): "L'entreprise doit impérativement s'intéresser aux mondes virtuels"

Moez Limayem, Walton Professor in Information Systems, University of Arkansas, parle (en français) des avantages du monde virtuel pour l'entreprise. Je l'ai rencontré à l'occasion du Colloque CIGREF sur les nouveaux usages des systèmes d'information, dont je vais vous parler bientôt dans un prochain article

mardi 22 septembre 2009

Je transfère tous mes blogs sur Blogger/blogspot: adieu Typepad et Joomla

C'est décidé: je rapatrie ici, sur la plateforme de blogs de Google, Blogger/blogspot, tous mes blogs hébergés au fil du temps chez Typepad et Joomla.
La raison est limpide: c'est beaucoup plus simple, beaucoup plus fiable et beaucoup plus rapide. Le fait que ce soit gratuit est accessoire dans ma décision. En contrepartie, c'est moins riche mais franchement aucune importance.
La mutation est en cours, donc ne m'en voulez pas si, au hasard de votre feuillettage, vous trouvez des doublons ou des liens manquants, il me faudra du temps pour tout nettoyer, même si les imports ont pu se faire avec des outils automatiques, en passant systématiquement par Wordpress qui est un autre très bon outil.
Ce blog-ci, InfoTechArt, va finir par devenir un musée car les premières publications remontent à fin 2004! Il faudra un peu de temps pour que le moteur de recherche de Google digère tout ce que je rapatrie ici. Cela dépassera les 1000 articles!...

lundi 21 septembre 2009

L'ordinateur quantique me plait


Info citée par Courrier International (accès sur abonnement), reprise d'un article de Physics World  (gratuit mais en anglais): une puce optoélectronique quantique conçue à Bristol (Royaume-Uni) calcule déjà des petits trucs sympas comme les facteurs premiers de 15 (un peu moins vite qu'un gamin à l'école mais c'est pas grave, c'est juste pour le fun) et donc l'ordinateur quantique se profile. On n'est plus dans le rêve! La physique quantique, comme vous le savez, nous dit qu'il n'y a pas que le choix binaire ridiculement contraint entre le 0 et le 1, qu'on peut être les deux à fois, ou même à mi-chemin des deux. Elle multiplie le champ des possibles et donc, les machines pouvant l'exploiter devraient être beaucoup plus performantes que nos pauvres ordinateurs actuels qui ne comptent que sur deux doigts. Le problème, comme vous les savez aussi, est que tout cela n'est valable qu'à une échelle toute petite, qu'on avait un peu de mal à reproduire jusqu'à présent. Le bit quantique, le qubit, est hélas une petite chose fragile et, par définition, instable. Notamment un photon unique et fiable reste encore difficile à isoler! Mais ce coup-là, ça y est, l'appareil mis au point à Bristol n'a plus rien d'une salle machine mais ressemble à s'y méprendre à des circuits électroniques, sauf qu'il y a de l'optique en plus! Et, pour les spécialistes, sachez que le bidule utilise l'algorithme de Shor. On s'en serait douté!
Merci à DBC qui m'a pointé l'article...

Je sais ce dont vous aurez envie et vous ne le savez pas encore

C'est le comble du marketing moderne: prévoir avant ses clients ce dont ils vont avoir besoin.
Nous donnere envie de choses auxquelles on n'avait même pas pensé.
Un business no limit car le rêve n'a pas de frontières.
Merci à Serge Abiteboule (Inria) pour l'idée de l'illustration.

jeudi 17 septembre 2009

70% des gens déjeunent devant leur PC trois fois par semaine

Je ne sais pas qui sont ces gens, il faut aller lire pour cela une enquête Lenovo "Mon PC et moi" (que je n'ai pas trouvée mais heureusement il y a des communiqués de presse!); ce qui est drôle c'est la conclusion que le constructeur en tire: pour éviter les miettes dans le clavier, il va faire des touches plus proches les unes des autres. Comme ça, on sera certain de ne plus pouvoir les utiliser! (C'est ma conclusion personnelle, pas celle de l'étude...)
Autre info: 44% des personnes interrogées tapent jusqu’à 500 fois par semaine sur les touches Echap et Suppr, les pauvres (les touches, pas les gens). Lenovo a donc décider de les agrandir (les touches, pas le gens) pour rendre cette opération plus simple. Il aurait surtout dû les renforcer! Au fait, faut vraiment pas savoir ce qu'on veut pour taper plus de 70 fois par jour sur les touches Echap et Suppr...
source image

Ils sont venus, ils sont tous là... pour interopérer

Microsoft vient de lancer son "Interop Lab" pour faire bosser ensemble les acteurs high-tech sur les meilleures voies de l'interopérabilité pour leurs clients. Vaste programme mais démarche louable.
Ils sont d'ailleurs venus nombreux ce jour-là témoigner de leur intérêt pour cette démarche et débattre, animé par le toujours excellent Cyril Dhénin (Brainsonic)
Sur la photo, (prise avec mon iphone, je suis assez content!)  de gauche à droite:
- Olivier Maupaté, directeur IT de Vallourec et membre d'Agora Club des DSI ; il représentait tous les clients à lui tout seul! Il s'en est pas mal sorti: voir mon itw vidéo. "Nous, les entreprises utilisatrices, on ne demande qu'une seule chose aux fournisseurs: on veut que ça marche!".
- Alfonso Castro, directeur de la stratégie interopérabilité de Microsoft, qui officiait en maître de cérémonie après avoir intronisé deux collègues: Thomas Serval (absent de la photo), ex Barracuda et adepte de l'open source rentré récemment chez Microsoft comme directeur de la division plateforme et systèmes - un gars à suivre car il a l'air d'avoir plein d'idées; et Fred Aatz (absent de la photo), directeur du MTC (Microsoft Technology Center). Alfonso Castro, assez à l'aise, a fait ce qu'il a pu dans un exercice de style difficile consistant à essayer de convaincre l'assistance de l'intérêt de Microsoft pour les normes partagées et le logiciel libre... Il a habilement conclu sur le fait qu'il ne fallait pas que la standardisation soit un frein à l'innovation.
- Yann Aubry, directeut général France de Red Hat: un jusqu'au-boutiste de l'open source, on s'en doute : "Il n'y a pas de limites à l'interopérabilité".
- Philippe Desmaison, de Novell, une marque qu'il n'est pas facile de représenter aujourd'hui quand on sait l'importance qu'elle a pu avoir dans le temps... Très content du nouveau slogan: "Making IT work as one"... on dirait du John Lennon
- Guillaume Le Tyrant, de Citrix; il a eu une bonne formule: "Ne pas confondre interopérabilité et intégration". Dommage que le débat n'ait pas approfondi ce thème car c'était le vrai sujet.
- Lionel Cavallière, senior product marketing manager, EMEA, de VMWare ; il s'est contenté de militer pour sa maison: "La brique de base de la virtualisation s'intercale dans toutes les briques applicatives".
- Marc Bernis, regional CTO de HP; manifestement, il était là parce qu'il fallait être là....
- Bruno Pinna, directeur marketing de Bull, toujours bon orateur:  "On est pragmatique, on teste, on regarde si ça marche.."
- Ori Pekelman, chief software architect de la petite société AF83 et membre de la communauté de développeurs Drupal; le trublion de la soirée, ouf,  il y en avait un! Auteur de nombreuses formules choc:
"Un bon standard c'est un standard qui se casse facilement";
"Quand on voit un standard infecté par des royalties ou des brevets, on se méfie, on n'a pas envie de l'utiliser, par peur d'avoir des procès";
"Un standard qui voudrait faire marcher complètement ensemble deux machines différentes, il lui faudrait des millions de lignes de code et alors, ce n'est plus un standard, c'est l'OS lui-même!"
- Yves Yang, directeur général de Soyatec : je n'ai pas bien compris ce qu'il faisait là. Je crois que c'est une des nombreuses start-up aidées par Microsoft et qui a développé un pont entre Eclipse et Silverlight.
- Eric Bachard, professeur et responsable du développement éduction de OpenOffice: il a annoncé un OpenOffice "light" ce qui est une très bonne nouvelle.
Conclusion: l'interopérabilité est une long chemin pavé de bonnes intentions...
Cela me rappelle une bonne histoire: "Dans un couple, l'important est de ne faire qu'un; le problème est de savoir lequel..."
piqué à H.L. Mencken

mercredi 16 septembre 2009

2 secondes pour une page web

L'impatience de l'internaute s'accentue: il ne donne désormais pas plus de 2 secondes à une page web pour qu'elle s'affiche. Au-delà, ciao! (étude Forrester/Akamai disponible sur inscription)
C'est un résultat auquel seront particulièrement sensibles les sites de commerce et de voyages. La fidélité dépend du temps de chargement, d'abord et avant tout.
Mais pour tout le monde cet infime délai traduit aussi ce nouveau rapport au temps et à l'immédiaté qui nous caractérise désormais, ce côté éjaculateur précoce de l'internaute que j'avais stigmatisé en son temps, en mai 2005!
L'info recherchée, le renseignement, le lien, faut que ça gicle!
Après, d'ailleurs, l'étude ne nous dit pas vraiment ce qu'on en fait. Comme si la satisfaction d'avoir accès en un temps requis était supérieure à celle de la qualité de l'info trouvée...

Un PC portable (presque) idéal!

Après des années de recherche vaines et d'espoirs déçus, je pensais avoir enfin trouvé le PC portable idéal; je le voulais:
- petit mais confortable (au niveau écran et clavier);
- fiable mais léger;
- puissant mais autonome.
Les portables puissants (processeur égal ou supérieur à 2 GHz) ont souvent moins de 2 heures réelles d'autonomie et les netbooks avec 5 heures d'autonomiue ne sont pas assez performants. Quadrature des quadratures!
Je tombe sur un Acer Aspire Timeline 3810T et je me dis : ça y est, enfin!
- un écran 13 pouces qui lui donne une taille suffisante, entre un netbbok et un notebook, pour l'écran et pour le clavier;
- un poids léger de 1,6kg et une très jolie minceur;
- des performances haut de gamme grâce à un processeur Intel Core 2 Duo à 2 Gigaherzz, c'est quasiment le seul 13 pouces  doté de ce processeur;
- une autonomie fantastique de 8 heures (en bureautique simple);
- un prix compétitif à moins de 600 euros.
Seul sacrifice: pas de lecteur-graveur DVD (à acheter en externe si besoin, branchement USB).
Confirmation à l'usage: il va vite, la taille de l'écran est bonne et l'encombrement minime, l'autonomie a l'air incroyable. Bref, satisfaction...
Oui mais voilà: je trouve que le ventilateur fait (un peu) trop de bruit!
Jamais content!...
PS: vais-je m'habituer ou le rendre?

jeudi 10 septembre 2009

Vous allez vivre une nouvelle expérience

Chronique La mauvaise humeur de Lucien

Les fournisseurs de bidules high-tech adorent les mots. Avant on achetait un « produit », après on s’est vu offrir une « solution » et maintenant on nous propose de vivre une « expérience » qui est très souvent « nouvelle ». Ils nous la gonflent avec leur « expérience » ! Nous, on veut juste un truc pas trop cher, qui fasse ce qu’on lui demande et qui ne tombe pas en panne. Quand vous allumez la télé, vous ne vous demandez pas à chaque fois si elle va lancer des étincelles ou se mettre à gémir (quand elle gémit c’est qu’elle passe une chanson de Carla Bruni).
D’ailleurs « expérience » qui est sans doute une mauvaise traduction de plus de l’anglais, c’est pas terrible comme concept. Grosso modo, il sous-entend : on vous file un bidule pas testé, on ne sait pas trop comment il va réagir mais, vous verrez, l’expérience sera intéressante. On est des cobayes quoi !
Les fournisseurs ont un vrai problème : ils pensent tellement à l’usage qu’on va faire de leurs bidules et à nous demander notre avis qu’ils n’ont plus aucune idée eux-mêmes, c’est à nous de les avoir pour eux. Ils ont tellement peur de nos réactions de consommateurs avisés, webisés, surinformés qu’ils ne créent plus rien, de peur de nous choquer.
La preuve : le nec plus ultra des smartphones aujourd’hui est un bidule qui se manie avec un seul doigt (l’iPhone) voire deux de temps en temps (pour un zoom). Nous voilà revenu à la préhistoire des interfaces, de vrais bébés : on suce son pouce et on tapote d’un doigt. On peut difficilement faire plus simple.
Du coup d’ailleurs, la « simplicité » devient l’autre mot à la mode ! « Venez vivre une nouvelle expérience avec mon bidule ultrasimple » : cela s’appelle une injonction paradoxale, c’est le début de la schizophrénie. Sans moi, merci.

mardi 8 septembre 2009

Office 2010: rich media, services web et compatibilité totale smartphone...

Mon interview de Jean-Christophe Pitié, directeur marketing Office de Microsoft, sur la nouvelle version Office 2010 : béta cette hiver, lancement offficiel au printemps 2010. Beaucoup de nouveautés intéressantes dans le rich media et les services web ainsi que le support natit d'Office sur les smartphones (sans doute pas seulement Windows Mobile!...)

mardi 1 septembre 2009

L'économie du gratuit , bien vue par Chris Anderson

Chris Anderson, c'est ce fameux rédacteur en chef du magazine branché américain Wired qui a popularisé le modèle de "La Longue Traîne" (The Long Tail): il n'y a pas de limites au catalogue en ligne d'un site de e-commerce et tous les produits peuvent participer au chiffre d'affaires, c'est la fin du 80/20.
Il récidive aujourd'hui avec cet ouvrage:
Et il est toujours aussi convaincant!
C'est un livre d'économiste et d'historien et c'est un livre de journaliste qui fourmille d'infos.
Et il n'élude pas l'éternelle question : qui paye quoi?
A lire absolument avant de dire des bêtises sur l'économie du gratuit! :)