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vendredi 26 décembre 2014

Internet des Objets: une opportunité pour qui?

Extraits traduits et résumés par moi d’une étude McKinsey The Internet of Things: Sizing up the opportunity. December 2014 | by Harald Bauer, Mark Patel, and Jan Veira 
L’internet des objets est à l’évidence une opportunité pour toute l’industrie des semi-conducteurs et des composants. Ce sont d’abord les smartphones et les tablettes qui ont relancé cette industrie en lui donnant une croissance de 5% par an entre 2010 et 2013. L’internet des objets va-t-il prendre le relais ?
Le départ de l’internet des objets a peut-être été les capteurs déployés dans le réseau électrique pour mieux gérer à distance la consommation et ajuster la production. Mais aujourd’hui les applications se multiplient dans tous les secteurs d’activités : un capteur embarqué dans une voiture permet à l’assureur de moduler sa prime en fonction du comportement du conducteur ; la santé à distance se développe grâce à des capteurs installés au domicile des patients, etc. 

Même si le niveau technologique des capteurs est très variable suivant l’application, l’industrie des semi-conducteurs pense que l’internet des objets sera sa plus importante source de croissance avec un marché estimé à 6,2 milliards de dollars en 2025. On parle d’un marché mondial de 20 milliards ou 30 milliards d’unités à cette époque (soit 3 milliards d'unités par an).
Pourtant, en même temps, les entreprises utilisatrices ne savent pas très bien quoi faire avec tous ces capteurs ! 
Pour voir évoluer ce marché, il faut suivre 4 indicateurs critiques:
- l’attention portée par les grands fournisseurs : quand vous voyez Apple (développement de kits de santé et domotiques) et Google (rachat de Nest) s’intéresser à ce marché, c’est un signe.
- les avancées technologiques : le rapport fonctions-prix des objets connectés augmente très vite ; exemple : une montre connectée en 2012 avait un processeur à 400 MHz  et un accéléromètre à 3 axes ; aujourd’hui elle a un processeur à 1 GHz double-cœur et un accéléromètre et un gyroscope à 6 axes;
- la croissance de la demande : si la demande des objets connectés suit celle des smartphones (170 millions d’unités vendues en 2010 contre un milliard en 2014), le marché va exploser.
- les normes émergentes : les fournisseurs font des efforts pur faire émerger des normes ; AT&T, Cisco, GE, IBM et Intel ont formé l’Industrial Internet Consortium pour faire interopérer les environnements industriels ; d’autres consortiums se focalisent sur les API.
Sur chacun des 3 milliards de nouveaux appareils par an, en effet, il y aura au minimum un microcontrôleur pour l’intelligence et le traitement, un ou plusieurs capteurs pour la collecte des données, un ou plusieurs puces pour la transmission et un composant de mémoire pour le stockage. On verra apparaître de nouveaux composants spécialement conçus pour les objets connectés, intégrant soit des capteurs soit des senseurs à technologie MEMS (micro-electro-mechanical-system). Sans oublier le marché du traitement du Big Data généré par tous ces appareils.
Pour supporter cette croissance, il faudra que les fabricants fassent des efforts sur l’autonomie et la batterie, également sur l’administration de la connectivité qui va monter en puissance puisqu’il faudra gérer des milliers d’objets connectés en même temps. Une maison intelligente, par exemple, c’est 100 appareils connectés, chacun avec des exigences de faible puissance. Il n’est pas certain que les normes actuelles de transmission Bluetooth ou Wifi puissent répondre à ces exigences. Les exigences de sécurité vont également peser car il n'est pas question de développer des applications industrielles ou médicales si la sécurité anti-piratage notamment n’est pas assurée.
Les efforts des acteurs de semi-conducteurs se portent déjà dans deux directions :
1/ l’intégration accrue : la tendance à l’empilement multidimensionnel rend les nouvelles puces plus petites de 30% par rapport aux générations précédentes, avec une consommation électrique 50% plus faible.
2/ les normes de connectivité : le cellulaire, Bluetooth, Wifi ou encore ZigBee seront des normes suffisantes pour de nombreuses applications d’objets connectés. Mais il y a aussi un besoin pour des applications nécessitant à la fois de la faible puissance, du faible débit et sur une distance supérieure à 20 m, pour lesquelles le wifi ou Bluetooth sont mal adaptés. On verra donc apparaître probablement un nouveau type de protocole.
Mais finalement le plus grand défi de l’internet des objets est que la marché des objets lui-même ne représente que 10% du marché total , le reste étant bien sûr généré par les applications et les usages. Que serait le marché des smartphones sans les Apps ? Pour tous les acteurs de l’internet des objets, il faut donc participer à la création d’un nouvel écosystème en nouant de nombreux partenariats permettant de parcourir toute la chaine de valeur.

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