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mardi 13 février 2018

Tableaux utiles pour illustrer votre discours, désormais en album partagé Google

Tableaux et œuvres utiles pour illustrer votre discours.

44 oeuvres d'art, à ce jour, connues ou non.

Choisies par moi pour leur pouvoir d'évocation multifacette et original.

A prendre au premier ou au second degré.

Après les avoir fait pas mal voyager d'un site ou d'une app à l'autre, j'ai tout rassemblé dans un album partagé Google.

Vous pouvez rajouter des oeuvres si vous voulez, en donnant les thèmes sur lesquelles on peut les utiliser (écrire dans la partie Description).

Quand vous êtes sur la page de l'album Google Photos, n'oubliez pas de cliquer sur "Plus" (ou le "i") en bas de chaque photo pour voir les infos de chaque oeuvre si elles ne sont pas affichées à droite.

Cliquer sur l'image ou ICI et c'est parti

lundi 12 février 2018

Infotekart, le blog ultime

Après quelques mois de silence blogueur, remplacé plus ou moins par une présence facebook, je me lance dans le grand ménage internet et celui de mes blogs en commençant par tous les rapatrier ici.
Ce blog Infotekart va donc s'élargir dans les semaines qui viennent du contenu de mes autres blogs persos, à savoir:
- Poèmes et Textes Choisis (ça y est, c'est fait) : mon recueil de textes préférés (141 aujourd'hui)
- Citations préférées : mon recueil de citations choisies (703 aujourd'hui)
- Dictionnaire impertinent des branchés: essai humoristique sur l'économie et la technologie; publié chez First Editions en 2002; 277 entrées
- Cent mots ou presque : petites nouvelles (presque une centaine) de l'amour et de la vie ordinaire; publié chez L'Harmattan en 2007;
- Amavero, le recueil de mes poèmes, écrits régulièrement depuis mes 20 ans.
- Tableaux utiles: recueil d'oeuvres choisies utiles pour illustrer votre discours.
Et quand j'aurai tout rassemblé, et fait péter l'audience, je contemplerai glorieux mes oeuvres.... et probablement, je fermerai tout, avec un beau bandeau "Archivé", pour me consacrer à la vie réelle, notamment celle de mes petits-enfants, mais aussi le bateau, le raid 4x4 ou moto ou encore la contemplation longue et silencieuse d'oeuvres d'art.
source image

Grill, Havana : Veinte Años

Qué te importa que te ame Qu'est-ce que ça peut te faire que je t'aime
si tú no me quieres ya si tu ne m'aimes plus
El amor que ya ha pasado L'amour qui a déjà passé
no se debe recordar. ne doit pas être oublié.


Fui la ilusión de tu vida J'étais l'illusion de ta vie
un día lejano ya, une journée déjà lointaine,
hoy represento el pasado aujourd'hui, je représente le passé,
no me puedo conformar. je ne peux pas me contenter de ça.

Si las cosas que uno quiere Si tout ce que que tu voulais,
se pudieran alcanzar tu pouvais l'obtenir,
tú me quisieras lo mismo tu m'aimerais autant
que veinte años atrás. qu'il y a vingt ans.


Con qué tristeza miramos Quelle tristesse, regardons-nous,
un amor que se nos va un amour qui s'évanouit,
es un pedazo del alma c'est un morceau de l'âme
que se arranca sin piedad. qui se déchire sans pitié.


Music : Havana Grill

dimanche 11 février 2018

Rilke, Rainer Maria: Pour écrire un seul vers

Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.
Rainer Maria Rilke (1875-1926) – Les Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910)

Pérec (George): Inde !

Inde!
Etroit quartz saint
Que scie cette huître neuve d'Is
Once douce
Tresse qu'à toirt je crains
Je sais
Je dis:
Ces thés disent Oui
et disent:
Ne fais vain
Georges Pérec, cité par Alexandre Moati sur fb

vendredi 9 février 2018

Flaubert, Gustave : la haine de l'autre

Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois. Et toujours avec un  nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule, en leur donnant quelques sols. Et j'ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d'ordre.
C'est la haine qu'on porte au Bédouin, à l'Hérétique, au Philosophe, au Solitaire, au Poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton.
Gustave Flaubert, lettre à Georges Sand, 12 juin 1867, Correspondance, La Pléiade, tome 5, pp. 653-654. Cité sur fb par Bernard D.

mercredi 7 février 2018

Harari, Yuval Noah

Aujourd'hui encore, malgré nos technologies avancées, plus de 90% des calories qui nourrissent l'humanité proviennent de la poignée de plantes que nos ancêtres domestiquèrent entre - 9 500 et - 3 500 : blé, riz, maïs, pommes de terre, millet et orge.
Yuval Noah Harari, Sapiens, 2012

Ponge (Francis)

En somme voici le point important : PARTI PRIS DES CHOSES égale COMPTE TENU DES MOTS.
Francis Ponge

Ponge (Francis): L'orange

Comme dans l’éponge il y a dans l’orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l’épreuve de l’expression. Mais où l’éponge réussit toujours, l’orange jamais : car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l’écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d’ambre s’est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfum suaves, certes, – mais souvent aussi de la conscience amère d’une expulsion prématurée de pépins.
Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l’oppression ? – L’éponge n’est que muscle et se remplit de vent, d’eau propre ou d’eau sale selon : cette gymnastique est ignoble. L’orange a meilleur goût, mais elle est trop passive, – et ce sacrifice odorant… c’est faire à l’oppresseur trop bon compte vraiment.
Mais ce n’est pas assez avoir dit de l’orange que d’avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l’air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l’accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte, et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s’ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l’ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l’avant-bouche dont il ne fait pas se hérisser les papilles.
Et l’on demeure au reste sans paroles pour avouer l’admiration que mérite l’enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon-buvard humide dont l’épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.
Mais à la fin d’une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, – il faut en venir au pépin. Ce grain, de la forme d’un minuscule citron, offre à l’extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l’intérieur un vert de pois ou de germe tendre. C’est en lui que se retrouvent, après l’explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs, couleurs et parfums que constitue le ballon fruité lui-même, – la dureté relative et la verdeur (non d’ailleurs entièrement insipide) du bois, de la branche, de la feuille : somme toute petite quoique avec certitude la raison d’être du fruit.

Ponge (Francis)

À la vérité, expression est plus que connaissance ; écrire est plus que connaître ; au moins plus que connaître analytiquement : c’est refaire.
Francis Ponge, Le Parti pris des choses, 1942

samedi 3 février 2018

Lao-Tseu

Plus tu imposes d'interdictions, moins les gens seront vertueux. Plus tu as d'armes, moins les gens seront en sécurité. Plus tu mets en place d'assistance, moins les gens seront autonomes.
Lao-Tseu, 5e siècle av. J.C.