Le paradoxe de Google: la pertinence tue le clic ou PageRank contre AdWords
par Luc Fayard, 4 mai 2010
C’est l’idée centrale d’un petit livre très précis – Google Spleen, par Renaud Chareyre, Editions interactive lab – qui détaille le paradoxe de Google: d’un côté le moteur de recherche est censé donner aux internautes le résultat le plus pertinent avec le moins de clics possibles; de l’autre le revenu publicitaire de Google qui assure 95% de son chiffre d’affaires est essentiellement proportionnel au nombre de clics. C’est simple: plus l’internaute clique, plus il met du temps à obtenir son info et moins il est content. Mais s’il l’obtient tout de suite, il fait peu de clics et déclenche peu de revenus. C’est PageRank – le système de classement des pages – contre Adwords – l’achat de mots-clés. Certes, rien de nouveau dans l’idée: tout le monde sait que Google se présente au public comme une aide à l’information alors qu’il est avant tout la plus formidable machine publicitaire de tous les temps.
Par contre les mécanismes sous-jacents, vus du côté de l’annonceur et de l’internaute sont très bien expliqués dans ce livre qui n’a qu’un seul défaut, son titre, qui n’a rien à voir avec le sujet. Mais si vous vous posez des questions sur la façon dont fonctionne AdWords, d’abord vous avez raison de vous les poser, car le fonctionnement de la machine est incroyablement opaque et ensuite lisez ce livre, il vous éclairera… un peu. Car, évidemment, il ne fait que suggérer les grandes tentations auxquelles sont soumises les dirigeants de Google (par exemple , privilégier un lien sponsorisé par rapport à un lien naturel) sans en apporter vraiment la démonstration. IL ne s’agit pas de jeter l’anathème sur Google, il et évident que les mêmes tentations agitent les dirigeants de Yahoo ou de Microsoft. Mais obliger les grands moteurs à un peu plus de transparence devient indispensable, compte tenu de l’importance qu’ils prennent dans l’économie et la société. Ah, les insondables mystères du SEO (search engine optimization)!…
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NTIC
NTIC – Nouvelles technologies de l’information et de la communication. Un sigle totalement inutile, à l’image de l’histoire de l’épicier qui veut afficher " Ici, on vend des oranges pas chères " et qui finit par ne rien afficher du tout parce que ce qu’il veut dire est évident. Tout bidule informatique peut être étiqueté NTIC comme il pourrait n’avoir aucun label. Nouvelles : on s’en doute, tout est toujours nouveau, sinon, ce n’est pas la peine d’en parler. Technologies : c’est sûr, on n’est pas dans le camembert et d’abord, c’est pas des technologies, c’est des techniques. Information : ben, oui, de quoi on causerait sinon ? Communication : quelle différence, déjà, avec l’information ? – Cette expression pourrait aussi bien s’appliquer au langage des sourds-muets ou aux JT surréalistes de la télé. En fait, par abus de langage, est classée NTIC toute technique tendant à utiliser massivement l’ordinateur pour transmettre tout type d’information, quelles que soient l’utilité de celle-ci et l’envie qu’on ait de la recevoir. – Il y avait l’Insee et les factures EDF, on a maintenant la Net économie et la Nouvelle économie. – Le gouvernement, qui emploie plein de consultants, a déjà enlevé le N : il parle, sans rire, des TIC (sic). Mais il ne fera jamais comme l’épicier : les poltiques ont toujours quelque chose à vendre même quand ils n’ont plus rien en devanture.…autres mots…
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@BS oui mais la vraie différence % un journal est qu’on ne sait pas comment Google classe ses liens sponsorisés par rapport aux liens naturels, c’est là tout le problème et c’est là où se portent les soupçons; de même que personne ne connaît précisément le mécanisme des enchères; c’est même pire: un annonceur ne sait pas où sont ses pubs!
Finalement, le management de Google se trouve dans une situation qui n’est pas très éloignée de celle du management d’un journal ou d’une exposition.
Nous savons tous deux d’expérience que sans lecteurs fidèles une revue a peu de chance d’avoir de façon continue des annonceurs, et que les lecteurs ne sont fidèles que s’ils savent la revue honnête… et donc la Rédaction doit s’assurer qu’elle répond bien aux promesses implicites de la revue.
Des moteurs de recherche avaient essayé à un moment de glisser des liens payants (=publicité) au milieu des liens normaux (=rédaction)… cela a vite été abandonné!
Google identifie clairement les zones de pub et les zones de « rédac », et sait que si la qualité de ses résultats se relâche, par exemple en cédant à la tentation de dissimuler de la pub dans de la « rédac »… les utilisateurs se reporteront vers un autre moteur et Bing n’attend que cela.
Mais il est vrai que c’est une lutte de tous les instants, tant les amis du service pub peuvent se montrer insistants!